L’incendie du paradis, ALAMO Antonio

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  • Broché: 362 pages
  • Editeur : Editions Anne Carrière (19 octobre 2005)
  • Collection : Roman étranger
  • ISBN-10: 2843373298

L’HISTOIRE

L’Incendie du paradis, ou la désagrégation progressive d’un couple qui passe du paradis de l’amour partagé à l’enfer de la passion. L’amour incandescent se retourne contre lui-même, se nie et s’autodétruit. Au final, deux amants, deux passions qui se cherchent sans jamais se rencontrer. Santi, interné en hôpital psychiatrique pour avoir sauvagement assassiné sa fiancée, Sara, après leur rupture, ne parvient pas à surmonter les conséquences de son acte. Il revit en boucle le passé, poursuivi par les sentiments ambivalents qu’il éprouvait pour la jeune fille avec laquelle il ne pouvait plus vivre car elle le méprisait, le trompait et l’avilissait. Ce roman, qui oscille constamment entre passé et présent, multiplie les points de vue sur les faits, entre description clinique et entretiens avec le psychiatre, renouvelle le thème du crime passionnel, que l’assassin semble pratiquer avant tout sur lui-même, tel un déplacement du suicide. Il est servi par une écriture nerveuse, incisive, qui déroule le fil de l’histoire sur un rythme syncopé où l’on retrouve la veine dramatique de ce jeune auteur.

MON RESSENTI

Un livre qui décrit très bien les affres de la jalousie et du désir, sur ces tempêtes dans la tête d’un homme rongé par l’envie (d’aimer, de posséder, de tuer). Cette lente et irrémédiable descente vers une fin tellement banale que chacun a déjà connu dans sa vie. Cet incendie au paradis, cet enfer.  Impuissants, on assiste de la passion amoureuse au déclin, à la folie et on se dit que la frontière est si mince.

C’est bien écrit et ça se lit très facilement. J’ai bien aimé.

VERDICT

Pour ceux qui aiment les thrillers psychologiques.

EXTRAITS

« Ils avaient passé ensemble cinq ans de leur vie, cinq ans de leur vie, brisés. Ils avaient eu une intimité, c’est-à-dire qu’ils avaient habité chacun l’âme de l’autre. Mais soudain, ils avaient cessé de se demander pourquoi ils étaient ensemble, ils avaient cessé de contempler les éclairs de lumière et les pannes soudaines ; soudain, ils avaient oublié comment s’aimer, comment vivre. Puis ils s’étaient reproché, en silence, les changement d’humeur et les attentes déçues, et une haine intense commença à palpiter entre eux, comme un œuf qui va se briser. Le monstre venait de voir le jour : il était repoussant et cependant doté d’une étrange vigueur. »

**********

« La rencontre de Sara Carmona et de Santiago Lizarrabengoa fut le fruit du hasard, mais sans retour possible. Son affectivité réduite à néant, il opéra la classique substitution par l’argent. Elle, de son côté, avait tout fait pour maintenir le lien. Et il n’avait pas su résister. Tout plutôt que la perspective du vide de la rupture. Ils conçurent à deux cette relation complexe, bancale, et à laquelle ils ne pouvaient échapper. Ils crurent que la survie passait par l’anéantissement de l’autre. Un processus d’anéantissement mutuel, en fin de compte. »

**********

« Des fois, avoir envie de tout, mais l’instant d’après, n’avoir plus envie de rien. Ce que tu aimais très fort, tu ne l’aimes plus, comme ça, d’un coup, sans aucune raison. Parce que quelqu’un renverse un chat ou éternue à côté de toi. Pour tout, et pour rien, mais soudain tu ne veux plus rester en vie. »

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