Un prince à Casablanca, TOLEDANO Ralph

  • un prince à Casablanca
  • Broché: 440 pages
  • Editeur : La Grande Ourse (21 mars 2013)
  • Collection : LITTERATURE FRANCAISE
  • ISBN-13: 979-1091416047

L’HISTOIRE

Un prince à Casablanca Par Ralph Toledano Casablanca, juillet 1971 : la sanglante tentative de coup d’État contre Hassan II annonce la fin proche de la vie idéale menée par la famille de Semtob, patriarche d’une vieille famille juive sépharade du Maroc. Leur communauté aura t-elle toujours sa place dans un pays où le roi ne sera plus là pour la protéger ? Un nouveau départ doit-il être envisagé ? Les protagonistes contemplent, effrayés, la perspective inéluctable de leur arrachement au paradis. Au cours d’un été où les lambeaux du rideau postcolonial se déchirent à jamais, Semtob, entouré de sa femme et de ses enfants, s’interroge sur les notions universelles d’identité, de foi et de destin. Un style élégant et raffiné rythme cette fresque fidèle à l’attachement que l’auteur porte à la terre et aux valeurs de ses ancêtres.

MON RESSENTI

Ce roman m’a beaucoup touché et m’a emporté.
C’est une magnifique fresque familiale, nous suivons plusieurs familles juives de Casablanca à l’époque du protectorat; sous le règne du roi Hassan II. Ce dernier était vénéré par les juifs marocains et certains se trouvaient dans les hautes sphères du royaume.

Un prince à Casablanca peut être défini comme un roman familial sur fond d’histoire du Maroc : il retrace en effet le destin d’une famille de la bourgeoisie juive marocaine et, à travers elle, la fin d’une époque et les choix cruciaux auxquels sont confrontés les Juifs du Maroc. L’épisode central du roman, le coup d’état sanglant contre le roi Hassan II en juillet 1971, marque pour Semtob, le patriarche, le début de la fin.

Les thèmes du roman sont entre autre l’intégration / assimilation des Juifs, l’acculturation et la difficile tentative pour préserver une identité juive en terre d’exil. Le récit est concentré sur une période très courte qui est l’été 1970.
Semtob qui est le personnage principal est très profond et le roman est parsemé de ses réflexions philosophiques, ses interrogations et ses doutes.

Les descriptions culinaires et olfactives, ainsi que les citations du jargon propre aux Juifs de Mogador donnent au livre une couleur locale qui n’est jamais forcée ou artificielle. Mais c’est la profondeur des sentiments et la dimension humaine qui donnent à ce roman son intérêt principal. J’ai été touchée par les relations entre le personnage principal et ses enfants, et notamment à la complicité entre le père et sa fille Betty, la plus idéaliste, qui rêve de monter en Israël.
J’ai aussi retrouvé des endroits que je connaissais, des sensations, des souvenirs même si je ne connaissais pas le Maroc de cette période.

Un des sujets qui revient souvent dans le livre est le thème de l’amour déçu, et des choix cruels auxquels sont confrontés tant le héros, Semtob – qui a renoncé à son amour de jeunesse pour faire un mariage de raison – que son fils, Gilbert, partagé entre son amour pour une jeune fille d’une famille de colons français, Louise, et celui de Ruth, plus conforme aux désirs de ses parents. On retrouve le thème du renoncement tout au long du roman.

C’est un roman prenant pendant lequel on ne s’ennuie pas malgré les 400 pages. C’est magnifique, l’auteur a une écriture fluide et ses descriptions sont sensibles et belles. J’espère qu’il va continuer à écrire et cela m’a donné envie de me procurer ses autres ouvrages.
Je conseille très très fortement ce livre à tous, je l’ai lu avec beaucoup d’intérêt et de plaisir .

VERDICT

Ceux qui le nombre de pages pourraient faire hésiter passeraient à coté de quelques choses. Ca se lit facilement et c’est une bien belle fresque familiale.

EXTRAITS

« Cependant, notre univers se transforme à chaque instant, mais nous feignons de l’ignorer, nous agrippant aux illusions de sa constance. Et puis un jour, bercés par une température particulièrement douce, nous prenons soudainement conscience de la fragilité d’une vie qui nous semblait immuable. »

**********

« Je sens aujourd’hui que les forces de la République ne peuvent plus se renouveler : elles sont atteintes de la maladie du dogmatisme social. Ce dernier ignore la transcendance. Je t’ai déjà dit ce que je pensais de la devise en trois mots de la République… En tuant leur roi, les Français se sont fiancés à la mort (…) Bientôt, il ne restera plus qu’un pays délavé, pâle et sans identité. Le génie du christianisme aura cédé sa place au totalitarisme démocratique. La religion humanitaire, qu’aucun projet métaphysique ne soutient, est un aspect de ce totalitarisme (…) Je pense que le dernier sursaut de la France fut probablement son aventure coloniale. Elle était animée d’une vision qui souvent dépassait la matière pour atteindre à l’esprit ».

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