La confusion des peines, TARDIEU Laurence

confusion des peinesla confusion des peines

 

  • Broché: 160 pages
  • Editeur : Stock (17 août 2011)
  • Collection : La Bleue
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2234070147

L’HISTOIRE

« J’ai toujours su qu’un jour, ce livre, je l’écrirais. Il m’a fallu du temps. Il m’a fallu écrire d’abord d’autres livres, plus doux, plus feutrés, inventer des histoires, sans doute tentatives d’approche de celui-ci. Un jour d’août 2009, parce qu’il ne pouvait plus en être autrement, j’ai su que j’allais enfin affronter ce autour de quoi j’avais toujours tourné.
On écrit de très loin. De ce qui ne peut se dire. Vient un moment où écrire, c’est aller chercher tout ça, qui se tenait enfoui, secret, pour le libérer enfin, afin de pouvoir continuer à vivre.
La confusion des peines, c’est le livre d’une fille pour son père. La fille, la narratrice, prend appui sur le silence qui depuis dix ans a entouré la condamnation de son père et, dans le même temps, la mort de sa mère, pour tenter de retracer un cheminement : qui est cet homme, qu’enfant elle a aimé d’un amour fou, qui lui apparaissait tellement au dessus des autres, qui un jour s’est brutalement retrouvé condamné pour corruption, et qu’aujourd’hui elle ne sait plus rejoindre ? Comment comprendre, accepter, qu’un homme n’est pas un mais multiple, secret, contradictoire, faillible – humain ? Et, ce cheminement étant fait, comment sortir du silence qui la lie depuis toujours à ce père, si proche et si lointain, pour s’arracher à lui et exister enfin ?
N’être plus la fille, devenir une femme ? La confusion des peines, c’est cette expérience : celle, miraculeuse, que permet l’écriture : passer d’une rive à une autre – naître, enfin. » Laurence Tardieu

MON RESSENTI

C’est le livre d’une fille pour son père. La fille, la narratrice, prend appui sur le silence qui depuis dix ans a entouré la condamnation de son père et, dans le même temps, la mort de sa mère. Au fil des pages, elle cherche à comprendre qui est vraiment cet homme, son père, si parfait pour elle, qui, un beau matin, se retrouve condamné à six mois de prison ferme pour corruption et décide alors de plonger la famille dans le silence et ne jamais parler de ce « traumatisme familial ».

En écrivant ce livre, malgré l’interdiction de son père, l’auteure cherche à renouer et rompre le silence avec ce dernier pour enfin se libérer du poids qui l’a envahie dix ans plutôt, lors de l’arrestation de son père et la découverte du cancer de sa mère. Se construire, grâce à l’écriture… L’auteur espère simplement qu’en mettant des mots sur ses sentiments, son père la verra enfin comme une femme et non plus comme une petite fille.

Le fait familial, autour duquel tourne l’histoire, n’est finalement qu’un prétexte pour parler des sentiments qui lient un père et sa fille, ainsi que des bouleversements de la vie qui viennent les entacher.
On se laisse guider au fil des pages. A lire pour passer un bon moment de détente, riche d’une belle sensibilité. J’ai été très touchée par cet appel de détresse, cette ode à l’amour filial.

VERDICT

J’aime beaucoup le style de l’auteur … Je le conseille pour un bon moment de détente.

EXTRAITS

« Ecrire c’est lutter contre le silence. (..)Ecrire c’est aussi tenter de mettre en ordre ce qui dans ma vie l’était si peu. »

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« Tu tends un voile sur ce pan-là de ta vie…Comme ces gens qui ont tué et vite enterrent le corps au fond du jardin, et veulent se persuader que tout est fini puisqu’il n’y a plus aucune trace au-dehors, mais les traces c’est au-dedans de nous qu’elles font leur chemin, qu’elles font leur tumulte, qu’elles nous réveillent la nuit, qu’elles nous rendent fou… »

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« Alors qu’on me laisse dans mes livres aller vers l’irracontable, pénétrer les espaces nocturnes au seuil desquels les mots sont restés faute d’avoir pu être prononcés, qu’on me laisse chercher là où la vie a enfoui, là où la vie a caché, c’est là que je veux aller, dans ces pays perdus, ces terres de non-dits, comme dans l’amour on cherche à rejoindre l’autre dans ce qu’il a de plus secret et que seul parfois le corps finit par livrer, dans uns cri que nul mot ne pourra jamais remplacer. »

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