Le diable, tout le temps, POLLOCK Donald Ray

9782253175889-T   prix lecteurs 2014 livre poche

  • Broché: 408 pages
  • Editeur : Le Livre de Poche (3 janvier 2014)
  • Collection : Littérature & Documents
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2253175889

L’HISTOIRE

De l’Ohio à la Virginie-Occidentale, de 1945 à 1965, des destins se mêlent et s’entrechoquent : un rescapé de l’enfer du Pacifique, traumatisé et prêt à tout pour sauver sa femme malade ; un couple qui joue à piéger les auto-stoppeurs ; un prédicateur et un musicien en fauteuil roulant qui vont de ville en ville, fuyant la loi… La prose somptueuse de ce premier roman de D. R. Pollock contraste avec les actes terribles de ses personnages. Un univers terrifiant que la critique n’hésite pas à comparer à ceux de Flannery O’Connor, Jim Thompson ou Cormac McCarthy.
Prix Mystère du Meilleur Roman étranger 2013. 

Grand Prix de la littérature policière du Festival America 2012
 
MON RESSENTI
 

Je n’aurais  pas acheté ce livre sans ce partenariat car ce n’est pas le style que j’affectionne. Parfois, on a de bonnes surprises là je suis mitigée. Je ne peux assurément pas dire que j’ai détesté mais cela ne m’a pas transcendée et j’ai donc mis un peu plus de temps pour le lire. 

Pourtant  la qualité d’écriture est là, indéniable c’est très bien écrit , les dialogues sont ciselés et les personnages bien décrits et on les imagine sans peine. Je vois d’ailleurs bien ce livre être adapté au cinéma.

Je pense que je n’ai pas été réceptive à l’histoire dans son ensemble, c’est violent , l’horreur ordinaire est omniprésente dans une Amérique profonde , trop profonde pour moi. J’ai été génée par tant de violence morale, psychique et physique.  Un pasteur obsédé par les adolescentes, un couple de tueurs d’auto-stoppeurs, un shérif sans morale c’est peut être trop pour moi. Je pense connaïtre la raison de cette gène qui vient du fait du réalisme des personnages. L’ambiance est lourde et malsaine

Le sang est omniprésent,  crânes défoncés à coups de marteau, soldats crucifiés, corps lardés de balles, pendaison, meurtre. On suit la descente aux enfers de tout ces dégénérés impuissants.

Je l’ai refermé en sachant que tout cela ne me manquerait pas. Peut-être est-ce un rendez-vous manqué, ce n’était pas le bon moment pour moi de le lire . Qui sait je retenterai peut-être plus tard.

C’est toujours gênant de ne pas réussir à trouver génial un livre que tout le monde a trouvé génial !!! Je me pose sans cesse la question du pourquoi je n’arrive pas à être aussi exaltée par ce roman que la plupart des lecteurs. Tant pis …

VERDICT

Je le déconseille aux âmes sensibles, mais par contre je le conseille aux fans de ce genre car je confirme qu’il est sacrément bien écrit. Il faut aimer la violence, les histoires glauques et les personnages dégénérés pour entrer dedans.

EXTRAITS

« Parfois Charlotte avait une crise particulièrement douloureuse, et Willard accusait son fils de ne pas vouloir qu’elle aille mieux. Il frappait le garçon, lui donnait des coups de pied puis, plus tard, était envahi de remords. Parfois, il semblait à Arvin que son père s’excusait chaque jour auprès de lui. Au bout d’un moment, il arrêta d’y faire attention et accepta les coups, les mots blessants et les regrets qui allaient avec comme un simple élément de la vie qu’ils menaient désormais.
La nuit, ils continuaient à prier jusqu’à ce que leurs voix s’éteignent, puis rentraient titubants de fatigue à la maison et buvaient de l’eau tiède dans le seau du puits, sur le comptoir de la cuisine, avant de s’écrouler sur leur lit, épuisés.
Pourtant Charlotte était de plus en plus maigre, se rapprochait de la mort.
Quand il lui arrivait d’émerger du sommeil de la morphine, elle suppliait Willard d’arrêter cette folie, de la laisser partir en paix.
Mais il n’était pas prêt à renoncer. Si quelque chose qu’il avait en lui était nécessaire, qu’il en soit ainsi.
A tout moment, il espérait que l’esprit de Dieu allait descendre et la guérir, et quand la deuxième semaine de juillet arriva à sa fin, il put trouver un peu de réconfort dans le fait qu’elle avait déjà duré plus longtemps que le docteur l’avait prédit. »

**********

« Malgré le sacrifice de l’avocat, les os de Charlotte commencèrent à se briser quelques semaines plus tard, de petites explosions écoeurantes qui la faisaient hurler et lui déchiraient les bras.
Chaque fois que Willard essayait de la déplacer, elle s’évanouissait de douleur. Une escarre suppurante apparut dans son dos, et s’étendit jusqu’à atteindre la taille d’une assiette.
Sa chambre avait une odeur aussi rance et fétide que le tronc à prières.
Il n’avait pas plu depuis un mois, et la chaleur se maintenait. Willard acheta d’autres agneaux au parc à bestiaux, et versa des seaux de sang autour du tronc jusqu’à ce que cette pâtée boueuse leur monte par-dessus les chaussures. »

**********

« Elle rentrait toujours à la maison avec une nouvelle idiotie qu’un ivrogne lui avait fait gober. La semaine dernière, elle avait parlé à quelqu’un qui avait participé à l’assassinat de Kennedy. Parfois, le fait qu’elle soit aussi crédule l’énervait un maximum, mais, enfin, il savait que c’était sans doute l’une des principales raisons pour lesquelles elle était restée avec lui tout ce temps. »

 
 
 
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