Maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi, MALZIEU Mathias

maintenant qu'il fait tout le temps

  • Broché: 207 pages
  • Editeur : Editions Flammarion (14 mars 2012)
  • Collection : Tribal
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2081279320

L’HISTOIRE

Comment on va faire maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi ? Qu’est-ce que ça veut dire la vie sans toi ? Qu’est-ce qui se passe pour toi là ?
Du rien ? Du vide ? De la nuit, des choses de ciel,
du réconfort ?  » Mathias, une trentaine d’années mais une âme d’enfant, vient de perdre sa mère. Sans le géant qu’il rencontre sur le parking de l’hôpital, que serait-il devenu ? Giant Jack, 4,50 mètres,  » docteur en ombrologie « , soigne les gens atteints de deuil. Il donne à son protégé une ombre, des livres, la capacité de vivre encore et de rêver malgré la douleur… Il le fera grandir. Mathias Malzieu nous entraîne dans un monde onirique, intimiste et poignant, dans la lignée d’un Lewis Carroll ou d’un Tim Burton.

Mathias Malzieu est le chanteur du groupe Dionysos. Après un recueil de nouvelles très remarqué, 38 mini westerns, il signe ici son premier roman.

MON RESSENTI

Je suis totalement fan, clairement Mathias est un écrivain, mais quelle poésie !!! Quelle sensibilité !! Je pense que ma chronique ne pourra pas égaler ce que j’ai ressenti à la lecture de ce livre. L’univers de l’auteur me plait, je m’y sens bien.

Il faut savoir que c’est un roman autobiographique bien qu’il y ait toujours une grand part de fantaisie. J’ai été émue par son histoire et  j’ai mis du temps à me sortir de ce livre même après l’avoir fermé. C’est très très touchant.

Les thèmes du deuil de la mère, de l’absence et de l’imagination pour faire face au deuil sont très bien traités sans pathos en toute sincérité.

J’ai eu beaucoup de mal à le finir d’une traite car trop touchée par la justesse des mots, par la souffrance de ce petit garçon qui se réfugie dans l’imaginaire pour moins souffrir. Je n’ai pu retenir mes larmes et je m’y suis reprise à deux fois pour le finir.

C’est beau, c’est profond c’est à mon sens un petit chef-d’œuvre comme d’autres livres de l’auteur d’ailleurs, mais j’en parlerai dans d’autres chroniques.

Je me suis pris une sacrée gifle en le lisant et du coup j’ai lu tout les livres qui ne m’ont jamais déçue et que j’ai dévoré.

Je sais que je le relirai et je l’ai prêté à mes ados pour leur faire découvrir.

VERDICT

Impossible de passer à coté et il n’y a pas d’excuse il existe en format de poche. Pas besoin d’être fan de Dionysos pour aimer c’est un vrai écrivain  et il a clairement un style et une plume. Vous pouvez l’offrir aussi et les adolescents peuvent le lire.

EXTRAITS

« Pour la première fois, je m’emmitoufle dans ma nouvelle ombre. Je sais qu’elle est censée m’aider, mais je ne sais pas comment l’utiliser. Enfin, c’est la mienne, le géant me l’a donnée, elle me fait un peu moins peur que toutes celles qui sillonnent la maison, qui comme des lames se plantent dans les portes. Et dans le lavabo de la salle de bain, et dans le crâne de toute la famille qui s’y lave les dents. Elles font mal comme des coups de soleil sur les yeux. Elles diffusent deux produits très toxiques pour la bande de cœurs troués qui se baladent dans cette maison : d’abord du vide visible et ensuite des souvenirs de vie de toi ici. Les deux cumulés, ça arrache la gueule. »

**********

 » Elle va revenir, je l’attends avec des étoiles et des gâteaux, elle en a marre des fleurs, elle en a marre d’être morte, c’est trop long… »
« La seule manière de tuer la mort, c’est de rester en vie »
« … les livres sont des accessoires, non-accessoires pour se battre contre la nuit éternelle »
« Un rêve brisé bien recolle peut devenir encore plus beau et solide »

**********

« Si c’était pas une histoire de tradition et de respect pour les autres «habitants» du cimetière, en plus des fleurs, je t’amènerais des gâteaux et des livres. Des oiseaux, il faut des oiseaux, je vais planter des œufs d’oiseau, j’irai en cachette et tu finiras par éclore de nouveau. »

**********

« Les invités de l’enterrement avancent, penchés comme des fantômes d’arbres morts. Des gens qu’on aime sont là, ils ont l’air gêné, avec leur sac d’amour dans les bras. Ils veulent nous le donner sans nous encombrer. On sait pas quoi en foutre de tout cet amour dans les yeux des gens, des fleurs et des bondieuseries à la pelle. Ils sont tous venus déguisés en cadeaux sombres. »

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