Canal Mussolini, PENNACCHI Antonio

51Vg5Int6hL._   prix lecteurs 2014 livre poche

 

  • Poche: 600 pages
  • Editeur : Le Livre de Poche (2 octobre 2013)
  • Collection : Littérature & Documents
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2253173479

L’HISTOIRE

Les Peruzzi: dix-sept frères et soeurs, une tribu. Des paysans sans terre, tendance marxiste, à la tête dure et au sang chaud. Parce qu’un certain Benito Mussolini est un ami de la famille, ils abandonnent le rouge pour le noir. En 1932, avec trente mille autres affamés, ils émigrent dans les marais Pontins, au sud de Rome, où démarre le chantier le plus spectaculaire de la dictature. Huit ans sont nécessaires pour creuser un gigantesque canal, assécher sept cents kilomètres carrés de bourbiers infestés de moustiques et bâtir des villes nouvelles. Enfin, les Peruzzi deviennent propriétaires de leurs domaines. Mais tandis que l’histoire emporte les aînés dans le tourbillon des conquêtes coloniales et de la Seconde Guerre mondiale, au Canal, les abeilles d’Armida, l’ensorcelante femme de Pericle, prédisent un sombre avenir.

Entre chronique et farce, Pennacchi signe un roman époustouflant où la saga d’une famille sur trois générations croise un demi-siècle de l’histoire italienne.

MON RESSENTI

C’est un livre très dense . J’ai bien aimé bien que je me suis sentie perdue par moment. J’avoue avoir eu un peu peur en découvrant le sujet et le nombre de pages, car j’avais peur de passer à coté et ce ne fut pas le cas.

C’est une grande fresque historique, sociale et familiale de l’Italie d’entre deux guerres. On entre à l’intérieur d’une famille fasciste ce qui nous plonge en totale immersion dans cet univers. L’auteur ne se pose jamais ni en censeur ni en défenseur de cette idéologie laissant le lecteur se faire son idée. On en apprend plus aussi sur les communistes de l’époque.

On suit donc la famille Peruzzi  qui sont des paysans . Les Peruzzi c’est trois générations avec leurs terres, leurs drames, leurs convictions , la guerre et la politique. La famille Peruzzi et ses 17 enfants , ainsi que 30 000 de leurs compatriotes se sont retrouvés dans une région pas très hospitalière, celle des marais Pontins, à creuser les 31 kilomètres du Canal Mussolini.

C’est très plaisant à lire car on apprend aussi sur la vie, le patois et les régions de l’Italie de cette période. C’est très documenté et précis. Les personnages sont attachants à leur manière.

Il y a très peu de dialogues et beaucoup de description. Le lecteur est souvent interpellé par le narrateur créant ainsi une complicité. L’écriture est agréable et elle m’a transporté. Ce n’est pas du politiquement correct et ça ajoute au charme de la plume de l’auteur.  On est pas obligé d’adhérer à la manière de vivre ni de voir les choses  de la même manière qu’eux, mais qu’aurions nous fait à cette époque et à leur place ? Il y a dans ce livre un mélange de mauvaise foi (assumée) et de vérités qui nous invite à réfléchir.

Un glossaire en fin d’ouvrage permet au lecteur de se documenter sur l’activité et le rôle de certaines personnalités de l’époque.

C’est passionnant et j’ai adoré.

VERDICT

Je le conseille à tous les adorateurs de grandes fresques familiales et les passionnés d’histoire.  C’est vraiment un très bon roman

EXTRAITS

 »  C’était la fatalité. Nous sommes comme des brindilles dans le vent du destin. Nous allons là où le vent nous porte. »

**********

 » Là où pullulaient autrefois chambres de travail, ligues et sections socialistes, les gens déchiraient en masse leur carte pour s’inscrire au Fascio, dont la force, la détermination, l’idée unique sautaient aux yeux : « Ces types-là vont réussir. Ou plutôt ils ont déjà réussi. » Exactement ce qui s’est produit ensuite le 25 juillet 1943 : la veille tout le monde était fasciste, et le lendemain tout le monde était anti. Ou en 1989-1994 : avant les gens étaient tous communistes et démocrates- chrétiens, après ils ne juraient plus que par Berlusconi et la Ligue lombarde. Le vent tourne, mon ami, et quand il tourne, la tempête arrive. »

**********

« Ce qui détruit l’homme n’est pas le malheur en soi, mais l’incertitude et surtout l’attente du malheur. On parvient à affronter le malheur et on finit par se relever. Or,si le malheur ne s’accomplit pas et reste toujours suspendu,c’est impossible. »

**********

« C’est justement là le drame de la condition humaine: on est presque toujours condamné à vivre dans le tort en estimant avoir raison. »

 

 

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