La maison de Sugar Beach, COOPER Hélène

51p5E-SFJ5L._    prix lecteurs 2014 livre poche

 

Livre lu dans le cadre du Prix Lecteur LDP 2014- Littérature

  • Poche: 432 pages
  • Editeur : Le Livre de Poche (4 septembre 2013)
  • Collection : Littérature & Documents
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2253173495

L’HISTOIRE

Helene Cooper a grandi dans le très privilégié milieu des Congos, ces descendants d’esclaves affranchis d’Amérique venus créer le Liberia au XIXe siècle en Afrique. Un mois après le coup d’État du 12 avril 1980, elle fuit aux États-Unis avec sa mère et sa sœur.

Ce texte autobiographique fait se superposer l’histoire tragique du Liberia contemporain à une enfance enjouée et insouciante, brusquement interrompue par la guerre civile. Avec un subtil mélange de tendresse et d’honnêteté, elle raconte comment des gens comme elle se sont rendus coupables d’effroyables injustices sans être pour autant monstrueux.

MON RESSENTI

J’ai vraiment aimé ce livre car c’est une autobiographie et l’auteur nous raconte ce qu’elle a vécu, cela apporte de la force aux mots et du poids aux événements. J’ai aussi aimé découvrir l’histoire de l’intérieur d’un pays que finalement je ne connaissais pas bien. Elle mêle histoire personnel, faits politiques et historiques. On sort de cette lecture avec une vision plus claire de ce qu’est le Liberia. Coup d’état, guerre civile, esclavage.

C’est très bien écrit, il y a du rythme , l’auteur ne fait aucune concession et nous livre l’histoire du Liberia à travers sa propre histoire. On découvre une situation complexe. J’ai vraiment été touchée par ces destins et les mots de l’auteur m’ont émue. Néanmoins, on peut être un peu surpris par le choix de l’auteur de reprendre des expressions propres aux habitants du Liberia. Mais, on s’y habitue vite et on y fait plus attention tant on est pris dans l’histoire. Cela ajoute à l’authenticité du récit.

Le livre est scindé en deux parties : la première se déroule au Liberia et la seconde aux Etats-Unis. On ne peut pas rester indifférents aux événements cruels de cette période. On suit alors impuissant les destins de ces deux soeurs une restée dans ce pays vivant l’horreur et se battant pour survivre et l’autre partie aux Etats-Unis pour y devenir journaliste.

J’ai apprécié aussi la pudeur de l’auteur, on ne tombe pas dans le pathos, les événements se suffisent à eux mêmes et c’est très bien comme ça. C’est émouvant, et elle nous tiens avec ses descriptions  des personnes, des paysages et des odeurs de son pays.

C’est un livre puissant et un vibrant hommage à son pays qu’Hélène Cooper rend à son pays.

VERDICT

A lire d’urgence c’est vraiment un très bon livre. Je le conseille et pas seulement aux adultes je pense que des ados peuvent le lire sans problème.

EXTRAITS

 » La Grande-Bretagne avait récemment interdit la traite des esclaves. Freetown était ainsi un havre pour les esclaves qui venaient d’être capturés puis relâchés. Mais le commerce humains restait intense. C’était dur à avaler pour les nouveaux colons, qui pensaient avoir définitivement quitté le monde de l’esclavage quand ils avaient quitté l’Amérique: ils voyaient se succéder les goélettes espagnoles et portugaises chargées d’esclaves que des Britanniques remorquaient jusqu’au port après les avoir interceptées. Les bateaux saisis jetaient l’ancre juste à côté de l’Elisabeth. Ils sentaient mauvais, un mélange ignoble de déjections humaines et de rance. La cale où étaient détenus les esclaves semblait d’une exiguïté invraisemblable. 
Pourquoi les Africains continuaient-ils de vendre leurs frères et leurs soeurs aux trafiquants d’esclaves européens ? Les colons avaient espéré trouver autre chose en Afrique. Ils y virent un nouveau signe de leur supériorité sur les Africains autochtones, leur condescendance allait persister pendant des décennies. »

**********

« – Et qui est cette personne ? demande la maîtresse de classe qui s’approche de moi.
– Je m’appelle Helene Calista Cooper. 
– Et d’où viens-tu Helene ?
– Monrovia. 
– Et c’est où, çà ?
– Au Libéria.
– Et c’est où, çà ?
– En Afrique de l’Ouest.
– Tu viens d’Afrique?
– Oui.
– On dirait que tu viens de Boston. Comment se fait-il que tu n’es pas l’accent africain?
« Parce-que je sais parler cullor, crétine ». Et qu’est-ce qu’elle s’imagine que j’ai fait pendant 14 ans au Libéria, si ce n’est d’apprendre à parler l’américain ? »

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Une réflexion au sujet de « La maison de Sugar Beach, COOPER Hélène »

  1. Merci pour la pérsentation de ce nouvel ouvrage. Je pense qu’on connaît très mal l’Afrique, son histoire, ses habitants, ses intellectuels … J’aimerai probablement ce livre, tel qu’il est décrit …

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