Home, MORRISON Toni

9782264058799

  • Broché: 560 pages
  • Editeur : 10-18 (3 octobre 2013)
  • Collection : LITT.GENERALE
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2226256105

L’HISTOIRE

Frank Money est Noir, brisé par la guerre de Corée, en proie à une rage folle. À Atlanta, il doit retrouver sa jeune soeur Cee, cobaye d’un médecin blanc, pour regagner Lotus en Géorgie, la ville de son enfance – «le pire endroit du monde». S’engage pour lui un périple dans l’Amérique ségrégationniste des années 1950 ou dansent toutes sortes de démons. Avant de trouver, peut-être, l’apaisement. Parabole épurée, violemment poétique, Home conte avec une grâce authentique la mémoire marquée au fer d’un peuple et l’épiphanie d’un homme.

« Toni Morrison traque les fantômes en sabbat magnifique. Avec, pour seule arme, sa musique lancinante, comme un oratorio de la douleur. »
L’Express 

MON RESSENTI

Je l’ai lu seulement  il y a quelques jours car je n’aime pas lire les livres à succès au moment de leur sortie pour ne pas être parasitée par toute l’effervescence autour.

C’est un texte court contrairement aux romans habituels de l’auteur cela n’enlève en rien la puissance de son écriture et ça c’est une super nouvelle.

C’est un récit à deux voix, poignant et émouvant. Une écriture fluide et puissante, l’auteur va à l’essentiel et sait mener le lecteur là où elle veut.

Les thèmes sont le racisme, les droits de l’homme souvent bafoués, l’enfance sacrifiée en temps de guerre avec les trafics d’enfants. Elle démontre ce qui devrait être une évidence pour tout le monde, à savoir, la haine engendre la haine et la guerre entraîne la guerre. On y trouve les thèmes de la pauvreté, des vétérans et de leur retour , les rapports  entre noirs et blancs.

La première page du roman est exceptionnelle de beauté, elle donne le ton de tout le roman. Un construction des phrases subtiles, peu de mots pour un maximum d’émotions. Les mots sont tellement bien choisis qu’on imagine certaines scènes et qu’elles nous poursuivent bien après avoir fermé le livre.

VERDICT

C’est un très bon roman qui se lit vite et  qui est tout en émotion. Si vous n’avez jamais lu de livre de Toni Morisson allez -y sans crainte.  Quant à moi je vais continuer à la découvrir.

EXTRAITS

« Tu vois ce que je veux dire? Ne compte que sur toi-même. Tu es libre. Rien ni personne n’est obligé de te secourir à part toi. Sème dans ton propre jardin. Tu es jeune, tu es une femme, ce qui implique de sérieuses restrictions dans les deux cas, mais tu es aussi une personne. Ne laisse pas Lenore ni un petit ami insignifiant, et sûrement pas un médecin démoniaque, décider qui tu es. C’est ça, l’esclavage. Quelque part au fond de toi, il y a cette personne libre dont je te parle. Trouve-la et laisse-la faire du bien dans le monde. »

**********

« – C’est bien lui. Jerome, dit Fish Eye en se donnant une tape sur les genoux. Il nous a raconté qu’on les avait ramenés d’Alabama, lui et son père. Attachés par une corde. On les a fait se battre. A coups de couteau.
– Non monsieur. Avec des crans d’arrêt. Ouais, des crans d’arrêt. » Salem cracha par-dessus la balustrade. « Il a dit qu’ils avaient été obligés de se battre à mort.
– Quoi ? » Frank sentit sa gorge se serrer.
« C’est exact. L’un des deux devaient mourir, sans quoi ils mourraient tous les deux. Les gens pariaient sur qui allait y rester. » Salem fronça les sourcils et se recroquevilla dans son fauteuil. (…)
– Ils ont fait pire que des combats de chiens. Ils ont transformé des hommes en chiens.
– Vous imaginez ça ? Monter le père contre le fils ?
– Paraît qu’il a dit à son père : « Non, Papa. Non »
– Son père lui a répondu : « T’es obligé. »

**********

« Apparemment, il y avait le temps dans cette ville. Le temps de se rouler une cigarette bien comme il faut, le temps d’observer les légumes avec l’œil d’un tailleur de diamants. Et le temps, pour les vieillards, de se rassembler devant la vitrine d’un magasin sans rien faire, sinon regarder passer leur rêves : les splendides voitures des criminels et le déhanchement des femmes. »

**********

« Les époux qui avaient été agressés chuchotèrent entre eux ; elle, d’une voix douce, suppliante ; lui, avec insistance. Quand ils rentreront chez eux, il va la battre, se dit Franck. Et qui ne le ferait pas ? Être humilié en public, c’était une chose. Un homme pouvait s’en remettre. Ce qui était intolérable, c’était qu’une femme avait été témoin, sa femme, qui non seulement avait vu, mais avais osé tenter de lui porter secours ! Il n’avait pas pu se protéger et n’avait pas pu la protéger non plus, comme le prouvait la pierre qu’elle avait reçue au visage. Il faudrait qu’elle paye pour ce nez cassé. Encore et toujours. »

 

 

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