Chère mère détestée, MELQUIOND Madeleine

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Merci aux Editions Max Milo pour cette découverte

  • Broché: 203 pages
  • Editeur : MAX MILO (3 avril 2014)
  • Collection : ESSAIS DOCUMENT
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2315004942

L’HISTOIRE

De son enfance, Madeleine Melquiond ne retient qu’amertume et insatisfaction, mal aimée par une mère dont la seule ambition était l’ascension sociale et par un père accaparé par son activité. De cette situation va naitre chez l’auteure un désir de perfection absolu (et vain) pour obtenir une reconnaissance, désir qui persistera dans sa vie de femme malgré un accomplissement personnel et professionnel.

Madeleine mènera une vie tambour battant. Elle devient journaliste après de brillantes études à Normale Sup, élève trois enfants, se marie à deux reprises, s’investit dans des combats politiques qui scandalisent sa mère… C’est dans ce cadre conflictuel que s’invite la maladie d’Alzheimer, emportant les souvenirs de sa mère et toute possibilité d’un pardon formulé, d’une libération des traumatismes du passé. La relation de dépendance s’inverse et conduit la fille à prendre soin de son ainée. Madeleine Melquiond décrit dans ce récit âpre et incarné sa propre difficulté à faire fi de ses ressentiments à l’égard de sa mère, à accepter que ni réparation, ni justification ne pourront plus venir, à construire avec cette femme qui s’éloigne progressivement de ce qu’elle fut une relation nouvelle et apaisée.

MON RESSENTI

C’est un livre qui m’a marqué pour tellement de raisons notamment personnelles que je me garderais d’évoquer ici. J’ai plongé dans cette lecture pour n’en ressortir qu’une fois la dernière ligne lue. J’y pense encore et cela m’a fortement interpellée. Tout ce qui touche à la famille est sujet à controverse et c’est toujours difficile à aborder.

Il s »agit ici d’un témoignage l’auteur nous parle de sa relation avec sa mère, des relations extrêmement conflictuelles et soudain Alzheimer fait son apparition et elle se retrouve à devoir s’en occuper.  Mais comment prendre soin d’une femme qui vous a toujours dénigrée , rabaissée et n’a jamais témoignée de tendresse ? Comment oublier les petites phrases assassines comme : « Tu ressembles à une vache » , « tu ressembles à ton père »   …  Elle voit sa mère oublier et avec ces oublis ses chances de la mettre face à ses actes et à ses manquements disparaître. Comment demander des explications quand elle ne se souvient de rien ? Et là il y a un choix à faire  faut-il tourner les talons et s’enfuir, ne pas se retourner et la laisser diminuer de jour en jour  ? Ou bien s’en occuper en dépit des ressentiments et de la culpabilité ? Dur choix auquel elle va devoir faire face. 

Tout au long du témoignage je me suis identifiée à l’auteur tant cela faisait écho à certaines de mes propres blessures mais cette chronique est là pour être objective et j’ai mis ça de coté . C’est bien écrit, c’est sensible, c’est dur, c’est tabou et très émotionnel, tout du long je me suis demandée qu’aurais-je fais à sa place et je n’ai pas la réponse et quand bien même je l’aurais je la garderais pour moi.

« Elle reste ma mère, je reste sa fille. Toute notre vie a été un rendez-vous manqué. Mais… je suis quand même au rendez-vous. » résume assez bien le livre.

J’ai trouvé que c’était aussi drôlement courageux d’écrire ce livre alors qu’elle est encore vivante. C’est un sujet très peu abordé sous cet angle là , en effet, la plupart des livres sur Alzheimer parle des enfants qui s’occupent de leur parents car ils ont des bons rapports avec eux et c’est comme une sorte d’évidence. Mais, que faire quand nos relations avec eux se résument à des rendez-vous manqués , des déceptions et de l’incompréhension ?

C’est donc très émue que j’ai refermé ce livre et je pense qu’il va m’accompagner encore longtemps.

VERDICT

Je le conseille à tous et toutes car c’est un sujet qui mérite réflexion. Je l’ai lu très vite et c’est très facile et agréable à lire.

EXTRAITS

« Elle reste ma mère, je reste sa fille. Toute notre vie a été un rendez-vous manqué. Mais… je suis quand même au rendez-vous. »

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« Il n’y aurait eu que demi-mal, peut-être, si par une sorte de vengeance exercée sur la personne la plus faible, toujours à ta portée, ta propre fille, par perversité ou dépit, tu n’avais eu de cesse de m’assimiler, de me réduire, de me confondre avec ton mari. Jalouse aussi, sans doute, de mes facultés intellectuelles, tu t’acharnais à me répéter que je tenais de mon père ».

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 » Avec Alzheimer, ni examen de conscience, ni contrition, ni pénitence… Alzheimer plus fort que le confesseur »

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2 réflexions au sujet de « Chère mère détestée, MELQUIOND Madeleine »

  1. Très compliqué les relations entre mère et fille(s) … Nous sommes dans un schéma tellement complexe, mais c’est vrai que chacune de nous étant fille, parfois mère d’une fille, nous cherchons à comprendre, car ce mélange d’amour et parfois de haine a de quoi déstabiliser …

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