L’Intensité secrète de la vie quotidienne, NICHOLSON William

41H9O4pyRdL._      prix lecteurs 2014 livre poche

 

  • Poche: 600 pages
  • Editeur : Le Livre de Poche (30 avril 2014)
  • Collection : Littérature & Documents
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2253179310

L’HISTOIRE

Six jours dans la vie d’une douzaine d’habitants d’un petit village de la campagne anglaise, en mai 2000. Un microcosme, avec à son centre Laura, 42 ans, archiviste avec mari et enfants, qui mène une vie de famille ordinaire. Jusqu’au jour où Nick, un amour de jeunesse, refait irruption, venant remettre tout en cause. La passion, la famille, les ambitions et les sacrifices, le sexe, le pouvoir, l’argent et Dieu : on retrouve dans ce livre profond et drôle tous les thèmes qui font les petits et les grands bouleversements de nos existences.

C’est délectable. W. Nicholson signe une histoire subtile et délicate. P. Frey, Elle.

Parfaitement dosé et orchestré, il emballe d’un bout à l’autre avec sa construction polyphonique, ses personnages incarnés qui bataillent tous avec les tracas du quotidien. Avec les rêves et les faux-semblants d’une existence qui leur file entre les doigts comme du mercure. A. Fillon, Lire.

MON RESSENTI

Nous suivons là les habitants d’un village sur une période d’une semaine. Une grande galerie de personnages, toutes les couches de la société sont représentées. On entre dans la vie d’un couple en particulier, un couple banal et qui vit une petite vie bien tranquille : deux enfants, des carrières bien établies, la quarantaine. Ils sont dans leur petite routine et ne sont pas malheureux mais la flamme est quelque peu affaiblie. Soudain, un ex de Laura se rappelle à elle.

Ce n’est absolument pas un roman à l’eau de rose et j’ai aimé me promener dans la campagne anglaise, la séance de shopping est mémorable et tellement réaliste.

Il y a quelques longueurs mais c’est dans l’ensemble un bon roman. Un livre sur le bonheur qui nous invite à nous poser des questions sur nous, sur nos rapport aux autres, la religion, la réussite professionnelle, l’argent, la famille, la vie quoi

 VERDICT

Un livre sympa qui sera un bon compagnon pour quelques heures de lecture.

EXTRAITS

Elle reconnaît l’écriture sur l’enveloppe. Elle boit une gorgée de thé, regarde Henry de l’autre côté de la table de la cuisine, occupé à trier le courrier du matin. Une pile pour la poubelle, une pile pour plus tard, une pile pour maintenant. Il se sert d’un coupe-papier pour ouvrir les lettres. Pas d’un couteau de cuisine, mais d’une lame effilée aux bords arrondis conçue à cet effet. Les enfants lisent en silence. Dehors, la pluie grêle la surface de la mare.
Laura ne veut pas qu’on remarque cette lettre. Elle a été réexpédiée depuis le domicile de ses parents.
«Tu connais Belinda Redknapp ? demande-t-elle.
– Tu crois ? répond Henry distraitement.
– C’est une maman de l’école. Tu la trouvais plutôt jolie. Son mari a une tête de grenouille.
– Elles ont toutes des maris avec des têtes de grenouille.»
Ces banquiers, ces juristes, ces cadres de compagnies d’assurances, dont les enfants sont amis avec leurs enfants, dont la fortune donne à Henry le sentiment d’être pauvre.
«En tout cas, elle veut rencontrer Aidan Massey.» Henry relève la tête, surpris. «Pourquoi ?
– Elle le trouve séduisant.»
Carrie abandonne sa lecture attentive de Beano. «Qui est séduisant ?
– L’homme dans le film de papa.
– Ah.
– C’est un nabot malfaisant, répond Henry. J’ai envie de le tuer.»
La lettre est posée à côté de son assiette, aussi grande qu’une serviette de plage, et elle hurle son nom de jeune fille : Laura Kinross. Elle voudrait assourdir son cri, faire taire cette lettre, la bâillonner. Elle pourrait prendre un des cahiers du journal, y jeter un coup d’oeil et le poser dessus d’un air détaché. Mais le désir inhibe le geste. Elle a honte de découvrir qu’elle n’a pas l’intention d’ouvrir la lettre avant le départ d’Henry. Alors, pour se disculper, elle ne fait rien pour cacher l’enveloppe et elle dit au Destin : «Tu vois bien que je ne fais rien. Si je me fais prendre, j’assumerai les conséquences.»
Jack s’intéresse à la proposition de tuer Aidan Massey.
«Tu le tuerais comment, papa ?
– Bonjour, Jack. Heureux de t’avoir parmi nous.»
Laura fronce les sourcils. Elle tend le bras vers Jack pour qu’il arrête de tremper sa manche dans le beurre. Elle déteste qu’Henry parle de cette façon. Jack est trop rêveur, affirme-t-il.
«Comment, papa ?
– Eh bien…» Henry prend sa mine habituelle lorsqu’il rassemble ses idées avant de parler. En fait, il se met un doigt sur le sourcil comme s’il appuyait sur un bouton. «Je dirais à la maquilleuse d’ajouter des couches de maquillage jusqu’à ce qu’il ne puisse plus respirer. D’en poser jusqu’à ce qu’on ne voie plus ses traits. Jusqu’à ce qu’il soit lisse et rond comme un ballon.»
Intimidé par ce détail, Jack se tait. Henry fait un tas de la pile de courrier à jeter et le met à la poubelle, déjà tellement pleine qu’elle ne fermera pas. Il appuie de toutes ses forces sur la liasse de papiers pour bien la tasser, ce qui fait frémir Laura car, à présent, on ne pourra plus enlever le sac-poubelle sans le déchirer. Elle ne dit rien pourtant et constate en elle-même à quel point elle s’efforce de ne pas se faire remarquer.
Henry attrape sa sacoche en cuir qui déborde de pages imprimées. Les choses lui reviennent soudain en mémoire et il dit à Jack :
«Ah oui, j’ai lu ta rédaction. Elle m’a beaucoup plu.
– Ah bon.
– Oui, c’est vrai ! Elle m’a beaucoup plu.» Il se penche pour embrasser Jack renversé sur sa chaise, plongé dans Tintin. «Je m’en vais. J’t’aime.»

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