A rats qui rient, raies qui aiment, LALOT Justine

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Merci aux Editions Luce Wilquin

  • Broché: 256 pages
  • Editeur : Editions Luce Wilquin (4 mars 2014)
  • Collection : SMERALDINE
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2882534825

L’HISTOIRE

Voici une messe pour les morts un peu particulière. N’y seront célébrés que ceux qui se sont un jour illustrés par la stupidité de leur mort. Un plongeur retrouvé empalé au faîte d’un sapin, une miss qui se noie dans un mètre d’eau à Knokke-le-Zoute, une violoniste à l’archet un peu trop vigoureux…

Le chef d’orchestre de cette vaste fumisterie, c’est Simon Faucher. Écrivain raté de son état, il n’a pas hérité du génie de Wolfgang Amadeus Mozart. À 103 ans, il serait en effet présomptueux de se vanter de disposer de talents précoces ! Pourtant, Simon Faucher ne se cache pas pour se revendiquer du musicien autrichien : comme Mozart, il va défier la mort, baptisée Jeanine pour l’occasion. Le vieil homme espère bien qu’en échange, la grande faucheuse daignera s’occuper de son cas. Sauf que n’est pas Mozart qui veut…

MON RESSENTI

Un véritable OVNI littéraire , c’est déjanté et surprenant. J’ai eu du mal à y entrer mais  une fois passées quelques pages j’ai pu apprécier l’univers et les personnages singuliers de ce recueil de nouvelles. Un petit coté Darwin Award , je vous conseille d’ailleurs le film.

C’est un style qui peut ne pas plaire. Le langage tantôt familier, tantôt plus soutenu.  L’humour est également particulier et derrière l’inspiration macabre du héros, se cache une histoire plus profonde.

C’est assez sympa, avec pas mal d’humour et on ferme le livre en souriant et en ayant lu quelque chose de pas banal.

VERDICT

Sympa, se lit très vite et très peu commun

EXTRAITS

 » Requiem aeternam dona eis Domine, 
et lux perpetua luceat eis

INTROITUS

EN CE PREMIER AVRIL, on pourrait croire à une blague. Pourtant ce n’en est pas une. Enfin si, mais elle dure depuis plus de cent ans. Alors elle ne fait plus rire grand monde.
Sûrement pas lui. Lui, c’est Simon Faucher. Ce premier avril 2014, il fête ses cent trois ans. Bien que «fête» ne soit pas le terme le mieux choisi; «subit» serait plus adéquat. Si je m’évertue à le préciser, c’est parce qu’à cent trois ans, on n’a plus vraiment envie de s’ennuyer avec des bêtises. Or, ce qui se passe ce 1er avril 2014 n’est rien d’autre qu’une pitrerie. Une pitrerie énorme, certes, mais rien de plus.
A cent trois ans, Simon Faucher n’attend plus rien de la vie. Il attend par contre la mort avec une impatience peu dissimulée. Thérèse, sa merveilleuse Thérèse, ses mains délicates, son sourire, ses lèvres fines, l’attendent au-delà du Styx depuis cinq ans déjà. Cinq longues années passées à se morfondre, à se dire chaque matin au réveil que son heure est venue; à constater avec dépit au coucher qu’il n’en est rien. Car, malgré ses multiples sollicitations, Simon Faucher ne peut que déplorer le fait que Jeanine – c’est comme ça que, dans son intimité, il a baptisé la grande faucheuse – ne vient pas. Jeanine le fuit même comme la peste et toutes les autres maladies qui, dans le meilleur des mondes, auraient déjà eu raison de lui. Et ça le déprime, Simon Faucher, vous ne pouvez même pas imaginer à quel point ça le déprime !
Pourtant, à son grand dam, sa dépression post-fuite de Jeanine ne le mène jamais à un état d’abrutissement total qui le conduirait tôt ou tard le plus naturellement du monde au suicide. Non, Simon Faucher doit se contenter de maugréer à longueur de journée des insanités à Jeanine. Ce qui lui vaut une réputation de vieux grincheux dans toute la ville. S’ils connaissaient la personne visée par ces anathèmes, les voisins ne le traiteraient plus de grincheux, mais bien d’allumé, voire de fou. En effet, qui peut réclamer la venue de Jeanine avec autant d’ardeur ? Personne. Enfin, personne sinon Simon Faucher.

Autrefois, Simon Faucher était écrivain. Je précise bien «autrefois», non pour vous prouver que je maîtrise la concordance des temps, mais plutôt pour insister sur le fait qu’aujourd’hui Simon Faucher a remisé la plume. Il se disait que cet abandon serait un signe : Jeanine comprendrait enfin qu’il l’appelait auprès de lui, son unique raison de vivre reléguée au rang des souvenirs. Un peu comme ces vieillards qui s’arrêtent de manger une fois qu’ils sentent leur heure venue. »

**********

 » Mais Jeanine ne prend pas compte de ces privilèges génétiques. Ce qui lui importe à Jeanine, c’est d’être là où il faut quand il le faut. Ne jamais manquer au rendez-vous, c’est son leitmotiv. Il faut reconnaître que pour ceux qui tentent de la fuir désespérément, elle est très ponctuelle. »

**********

« A sa cinquième tentative de suicide, il changea donc d’avis : Jeanine n’en avait que faire de poignarder un homme dans le dos, elle se foutait de sa gueule. Point à la ligne. »

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