Le jeu des ombres, ERDRICH Louise

le-jeu-des-ombres   prix lecteurs 2014 livre poche

  • Poche: 264 pages
  • Editeur : Le Livre de Poche (9 avril 2014)
  • Collection : Littérature & Documents
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2253194824

L’HISTOIRE

Gil est peintre, Irène écrivain. Ils ont trois enfants. Irène a souvent servi de modèle à son mari. Trop souvent, sans doute. Irene tient son journal intime dans un agenda rouge. Lorsqu’elle découvre que Gil le lit, elle décide d’en rédiger un autre, un carnet bleu qu’elle met en lieu sûr et dans lequel elle livre sa vérité. Elle continue néanmoins à écrire dans l’agenda rouge, qui lui sert à manipuler son unique lecteur. Une guerre psychologique commence. En faisant alterner les journaux d’Irene et un récit à la troisième personne, Louise Erdrich témoigne, une fois de plus, d’une prodigieuse maîtrise narrative.

Louise Erdrich montre comment une histoire collective, un héritage culturel et social, une identité peuvent bouleverser une destinée. Elle entraîne comme rarement au cœur de la nature humaine et de l’ambivalence du sentiment amoureux. Un récit d’une finesse infinie. Emmanuel Romer, La Croix.

MON RESSENTI

L’auteur nous invite à un jeu dangereux entre un mari et sa femme, une guerre des nerfs où chaque protagoniste essaie de tirer son épingle du jeu. Ils sont cruels entre eux et on se demande bien qu’est-ce qu’ils font encore ensemble. C’est un court roman mais intense, j’ai aimé la plume de l’auteur et je ne me suis pas du tout ennuyée.

J’ai beaucoup aimé l’étude des rapports je t’aime je t’aime plus , les rapports de force avec une bonne dose de perversité narcissique à la clé. Que dire des trois enfants du couple qui assistent impuissants au désamour de leurs parents. Il est très dur de prendre partie pour l’un ou pour l’autre des protagonistes tant ils sont semblables. Il y a une ambiance pesante, malsaine qui se prête au polar.

Je ne m’attendais pas à cette fin mais je ne suis pas restée sur ma faim, un beau roman qui m’a fait passé un bon moment de lecture.

VERDICT

Un roman sympa pour l’été, pour les lecteurs adeptes d’histoires de famille, de couple ou de polars familiaux.

EXTRAITS

 » Gil se mit à genoux devant Irene, le lendemain, et dit : Tu as raison. Tu as tout à fait raison. Je ne tourne pas très rond et je suis décidé à affronter le problème. Nous irons voir un thérapeute, tout ce que tu voudras. Je vais passer davantage de temps auprès de Florian, auprès des autres. Je suis affreusement, mais affreusement désolé. Pourtant ne vaut-il pas mieux avoir un père imparfait et spontané ? Un père qui explose, plutôt qu’un père détraqué incapable de s’exprimer ? Ou pas de père du tout ? Irene, pas de père du tout serait le pire, comme nous le savons. Irene, il vaut mieux avoir un salopard à ses heures, dans mon genre, qu’une absence de père. Ma chérie, ne me laisse pas tomber. »

**********

« Gil mettait au point les tableaux, les couleurs, l’émotion et, ce faisant, il était heureux. Il ne se sentait pas seul quand il travaillait. Même quand par ailleurs les choses n’allaient pas très fort, il arrivait à peindre. Peu importait, même, qu’Irene soit en colère. En fait, c’était mieux. Quand ils étaient heureux, quand Gil pouvait compter sur son adoration quotidienne, les tableaux semblaient virer à l’insipide. Il devait combattre le sentiment de satisfaction. Au fur et à mesure qu’elle s’éloignait de lui, les tableaux devenaient plus forts. Le violent désir qu’il avait d’elle leur donnait vie. Dans ses tableaux, il mettait son chagrin, la nature insaisissable d’Irene, l’avidité de son étreinte, le rejet d’Irene, l’amertume de son espoir, la rage maussade d’Irene. Il avait pris conscience que plus leurs rapports étaient tendus, plus son travail en bénéficiait. Il n’avait pas encore songé à se demander si ses soupçons à l’égard d’Irene étaient aussi une méthode visant à la repousser, afin de ressentir son absence, puis un douloureux appétit duquel tirer son art. »

**********

 » Dans le cadre de ses nouveaux efforts d’observation, Riel remarquait quantité de choses. Par exemple, elle avait remarqué que les chiens se comportaient comme si leurs maîtres humains partaient en voyage. Les chiens détestaient voir apparaître les valises. Mais il n’y avait pas de valises. Les chiens réagissaient simplement comme s’il y avait des valises. Ils étaient nerveux et aux aguets, ces jours-ci. Il y avait dans l’air quelque chose qui les mettait mal à l’aise. Grâce à ses sens fraîchement affinés, Riel le sentait aussi. C’était quelque chose de particulier à quoi elle ne tenait pas à donner un nom, même si d’habitude elle était capable de donner un nom à tout. »

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Une réflexion au sujet de « Le jeu des ombres, ERDRICH Louise »

  1. J’ai lu la malédiction des colombes du même auteur, j’avoue que j’ai moyennement aimé. Autant elle fonctionne dans sa logique culturelle particulière et elle décrit le contexte, autant je n’ai pas aimé le style dans elquel elle écrit …

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