Nouilles froides à Pyongyang, COATALEM Jean-Luc

41vrVPKjyvL._   prix lecteurs 2014 livre poche

  • Poche: 192 pages
  • Editeur : Le Livre de Poche (5 mars 2014)
  • Collection : Littérature & Documents
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2253174793

L’HISTOIRE

Nul n’entre ni ne sort de Corée du Nord, le pays le plus secret de la planète. Et pourtant, flanqué de son ami Clorinde, qui affectionne davantage Valéry Larbaud que les voyages modernes, et déguisé en vrai-faux représentant d’une agence de tourisme, notre écrivain nous emmène cette fois sur un ton décalé au pays des Kim. Au programme : défilés et cérémonies, propagande tous azimuts, bains de boue et fermes modèles, mais aussi errances campagnardes et crises de mélancolie sur les fleuves et sur les lacs, bref l’endroit autant que l’envers de ce pays clos mais fissuré. Un journal de voyage, attentif mais distant, amusé parfois, jamais dupe, dans ce royaume énigmatique dont un diplomaté américain affirmait récemment que l’on en savait moins sur lui que sur… nos galaxies lointaines.

MON RESSENTI

J’ai trouvé ce livre très intéressant car c’est un pays que l’on ne connait presque pas tant il est secret. C’était un peu comme regardé par le trou de la serrure et j’ai aimé le ton du livre, ce qui fait que je l’ai d’ailleurs très vite terminé. C’est un témoignage sans concession, écrit par le chef adjoint du magazine Geo. Suite à un article sur la Corée du Nord le voilà parti au pays de la propagande, aussitôt arrivé il est pris en charge par des gens du parti qui vont leur montrer ce qu’ils ont bien envie de montrer et les suivre dans le moindre de leur déplacement.

Discours formatés et propagandistes , visites orchestrées qui sont préparées pour eux. Les paysages qui se ressemblent les paysans et . villages  miséreux défilent et il n’est évidemment, pas possible de s’entretenir avec les autochtones, il leur est absolument interdit d’échanger avec les étrangers sous peine de prison. le confort minimum  est une quête perdue d’avance , repas anarchiques et très bizarres, eau coupée, habitation plus que vétuste.

C’est hallucinant ! et j’ai vraiment pas envié l’auteur pour son escapade, c’est l’horreur ! Tout le monde habillé de la même manière, pensant la même chose, n’ayant pas le droit de parler, c’est le cauchemar à ciel ouvert.

Je n’ai pas appris énormément de nouvelles choses mais c’est saisissant de voir que l’on peut vivre comme ça en 2014.

VERDICT

Il faut le lire pour se rendre compte de l’absurdité de certaines choses, pour se documenter et pour se dire que finalement ici c’est pas mal.

EXTRAITS

 » Pour les nouilles froides, il y a deux écoles de pensée. Faut-il les déguster l’été pour qu’elles vous rafraîchissent ( froid dans le chaud = effet froid ) ou l’hiver afin qu’elles produisent un choc salutaire ( froid dans le froid = effet chaud ) et vous requinquent ? Je n’ai pas su trancher, on était au printemps. »

**********

 » C’est un cas extrême. Et un voyage hors normes. Sans équivalent parmi les Etats communistes – au moins à Cuba, ils ont la mer des Caraïbes, la danse, le cigare, le rhum et le sexe et au Laos, (…), l’argent des Thaïlandais, l’indolence foncière (le Lao time), le Mékong, les temples fracassés de lumière et la pureté de chaque geste. Non, ce pays raide, violent et peureux à la fois, condamne sans rémission son visiteur à un périple factice et inquiétant. Aucune surprise, aucune initiation, pas de libre cours. Zéro rencontre. La norme, la loi, la répétition. Le pantomime. »

**********

 » – Tout est en règle explique M. Kim avec satisfaction.
Comment pourrait-il en être autrement dans ce périple prévu à l’avance, checké chaque matin, cadenassé heure par heure, où nous savons où nous serons ce soir, demain et après-demain à la minute près ? Jamais nous ne serons en promenade, pris par l’aventure, la fantaisie de la découverte, jamais nous ne goûterons au sucré-salé des imprévus et des hasards. Impossible de s’arrêter là, de faire un tour ici, sous les érables, vers ces grottes aux peintures rupestres, d’aller humer ce rivage où cogne la mer de l’Est et ses rouleaux d’écume (trois rangées de barbelés nous en empêchent), non, nous roulons sur des rails invisibles, guidés par des murs transparents, menottés à nos hôtes-geôliers. Même civile, notre estafette est un fourgon policier qui nous transfère de cellule-hôtel en resort de détention. Pas envisageable de sympathiser avec les matons. Et je dois avoir, en plus de mon nom étranger, un numéro de matricule sur le dos, du genre : I-739. I comme intrus sur le territoire. »

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