Vera, ORBAN Jean-Pierre

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  • Broché: 272 pages
  • Editeur : Mercure de France (21 août 2014)
  • Collection : Bleue
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2715235348

L’HISTOIRE

Au retour de Rome, quand j’ai aperçu la silhouette d’Augusto dans l’immense hall de la gare Victoria où il était venu m’accueillir, j’ai eu honte. Le train nous avait ramenés. Je ne peux le dire qu’ainsi. Au sens propre. Ce n’était plus nous qui nous emportions. Qui nous lancions vers l’avant comme à l’aller, les cheveux au vent, penchés par la fenêtre, la poussière me battant le visage, venue, on aurait dit, du sol de l’Éden. Le train nous ramenait. Tels des corps que l’on détachait de la terre offerte. On nous reconduisait dans le pays où nous vivions. Mais c’était quoi la vie ? Et c’était où ? Londres, 1930 : Vera vit à Little Italy avec ses parents, Ada et Augusto, immigrés italiens. Rapidement la jeune fille se laisse enrôler dans une organisation à la gloire de Mussolini.

Elle croit naïvement que l’idéologie fasciste lui forgera une identité. Mais l’arrivée de la guerre chamboule ses espérances. Écartelée entre sa langue maternelle et celle de son pays d’adoption, Vera se laissera emporter par d’autres dérives. Puis elle croira enfin venu le temps de construire le récit de sa vie et de l’Histoire. De trouver sa vérité, elle dont le prénom signifie «vraie», et de la transmettre… Peuplé de personnages décrits à l’encre noire, ce roman bouleversant nous parle d’identité et de racines. Et de l’espoir, parfois déçu, de les dépasser.

MON RESSENTI

Si je dois être tout à fait honnête, quand j’ai lu la 4ème de couverture du livre je me suis dis « tiens, un énième livre sur la seconde guerre mondiale ». Je saturais un peu des lectures sur cette période et c’est avec des à priori que je l’ai entamé car je pensais, naïvement que tout avait été dit sur cette période sombre de l’histoire. Mais, finalement j’ai bien aimé ce livre qui nous en donne une version différente et originale. De plus, l’histoire est servie par une écriture fluide et poétique qui a réussi à me tenir en haleine et à m’émouvoir. J’ai aimé les thèmes de l’identité et de l’enracinement qui sont traités ici avec subtilité et sensibilité. Le personnage principal est très complexe tout comme l’est l’Histoire.
Véra, immigrée italienne vivant en Angleterre avec ses parents, se cherche. Elle est déracinée et désire appartenir à une communauté, cela va la conduire à s’enrôler dans une organisation fasciste. Elle est dans un premier temps éduquée chez les sœurs, elle va petit à petit se perdre dans le fascisme et elle ne se rend pas compte que ses gestes et ses décisions sont très lourds de conséquences. J’ai aimé le fait que des faits historiques soient relatés. Les descriptions sont précises, les personnages bien campés et on a envie de prendre Vera sous notre aile et lui expliquer qu’elle ne prends pas le bon chemin, qu’elle se fait manipuler qu’elle n’obtiendra pas la revanche sociale tant espérée.
Un beau roman historique qui tient toutes ses promesses, une découverte fort sympathique. Les aficionados d’histoire devraient être totalement pris dans cette intrigue.

VERDICT

Pour les fous de romans sur la seconde guerre mondiale, pour les passionnés d’histoire et les autres … Je le conseille vivement

EXTRAITS

 » Oui,j’ai aimé ces livres.Et c’est par eux,par l’image et la typographie que je suis tombée ,comme dans un pot de miel,dans le fascisme. Plus encore,c’est à travers ces pages que je ne comprenais pas parfaitement au début,mais que j’ai maîtrisées les années suivantes jusqu’à m’en souvenir encore aujourd’hui ,que j’ai découvert le plaisir de la lecture. Un plaisir qui ne m’ouvrait pas que sur les mots eux-mêmes, comme en anglais, mais sur des horizons d’autant plus radieux que je ne les connaîtrais peut-être jamais.Que je pouvais imaginer à perte de vue. »

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 » Augusto a été arrêté au matin du 13 juin.Un jeudi,Ada disait que l’histoire s’était trompée de jour ,que le 13 aurait dû être un vendredi. Ou alors le jeudi n’aurait pas dû être un 13. Que les malheurs ne tombent que les vendredis 13. Les vrais malheurs. Rien qu’à ça,Churchill aurait dû se rendre compte que quelque chose clochait au départ et que toute l’histoire devait tourner mal. Mais Winston,né debout, lèvres lippues, au palais de Blenheim, ne pouvait s’embarrasser de superstitions. Seuls ceux qui naissent couchés et celles qui leur donnent ainsi naissance cherchent les signe là où ils ne sont pas. »

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 » Collar the lot. Attrapez-les tous. Que pas un ne manque. Que tous y passent. Sans hésitation.Tout. Tous. Tout. C’est ce que voulait ,n’est-ce pas, le temps? Les trous sont venus plus tard. Le doute. Les questions dans les trous. Un trou ,une question. Mais à l’époque, seul le tout s’imposait. Un tout massif. Sans faille. Rond ,plein, comme fatty Winston dans le fauteuil de sa war room. Tout contre tout. Churchill contre Hitler et Mussolini .Langue contre langue. »

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2 réflexions au sujet de « Vera, ORBAN Jean-Pierre »

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