La légende de Pierrot le Fou, RODOLPHE

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  • Broché: 224 pages
  • Editeur : Michalon (4 juin 2015)
  • Collection : DOCUMENT
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2841867919

L’HISTOIRE

 » Un soir, on dînait dans un petit restau rue Blanche. Au milieu du repas, ça cogne à la vitre. Ça cogne fort, le loufiat se précipite et un type se pointe. Dans les trente piges, pas très grand mais costaud, et surtout avec un putain de drôle de regard. Il m’a maté, et franchement, un instant, j’ai eu les flubes. – C’est Pierrot, m’a glissé Raymond.  » Dans le Paris à peine libéré des années 40, Pierre Loutrel – alias Pierrot le Fou – et ses comparses du fameux  » gang des Tractions avant  » mitraillent à coeur joie. Consacré ennemi public n°1, Loutrel réalise des hold-up d’une audace inouïe, séduit les plus célèbres stars de l’époque et fait continuellement la nique à la police. Des exploits hors-normes et pourtant authentiques, relatés par un jeune journaliste, Paulo le Belge, admis durant un temps parmi l’équipe de ces sinistres  » héros « … Un récit jubilatoire, entre braquages, champagne et petites pépées, qui relate toute la démesure d’un personnage entré dans la légende.

MON RESSENTI

Un récit sur le très connu personnage de Pierrot le Fou, j’ai pu en apprendre un peu plus et je me suis laissée portée par l’action et les aventures hors norme de cette bande : le gang des tractions avant. L’écriture est nerveuse, le ton très cinématographique, le langage châtié , argotique, tout ceci va très bien avec le sujet.

Ce qui est sympa c’est que l’on vit les événements de l’intérieur puisque le narrateur est un ami du gang qui a réuni toutes les confidences et exploits du gang.  Le plus hallucinant c’est de se dire que tout est véridique.

Les pages se tournent rapidement et le style est agréable. Les faits et méfaits de ce gang sont bien retranscrits et on retrouve toute une époque après la seconde guerre mondiale, se mêle la Gestapo,  les camps de la mort dont sont issus certains membres.  On revit les grands casses, les manipulations, les violences et les tirs à tout va .

Une lecture estivale idéale, le seul bémol (et c’est très personnel) je trouve que c’est très à la gloire du gang et ça me gêne un peu, j’ai toujours eu un peu de mal avec la glorification des bandits. Cela dit c’est un livre policier très sympa et bien documenté.

VERDICT

Un livre parfait pour les vacances, tout les adeptes de policiers et d’ambiance mafiosi devraient trouver leur compte.  Une lecture que je ne regrette pas et que j’ai beaucoup appréciée.

EXTRAITS

11 novembre 1946 : un putain de drôle de jour ! Au départ, il commence comme les autres. Mais au départ seulement. Ensuite, ça se corse…
À l’époque, je créchais dans la piaule d’une ancienne poule à Jo. J’avais pas vraiment de job. Juste quelques piges pour L’Intransigeant ou L’Équipe. Je me levais jamais avant midi. Ensuite, on se retrouvait avec Jo, Boucheseiche et les autres au Balto, un bistrot derrière la place Blanche. On mangeait un casse-dalle, on tapait le carton, les suze-cas’ défilaient…
La veille au soir, y avait eu comme un conseil de guerre. C’est Abel qui avait commencé. Le Mammouth avait l’oeil sombre et la bajoue en berne.
– Les mecs – qu’il fait – faut qu’on cause. C’est à propos de Pierre, on peut pas le laisser comme ça.
Depuis trois jours, Pierrot est pensionnaire à la clinique avenue Daumesnil. Là-bas, il s’appelle Paul Chaplain. Officiellement, c’est un accident de chasse. En vrai, ce con s’est tiré lui-même une balle dans les couilles suite à un braquage foireux. Pour défourailler plus vite, il glissait son flingue direct dans le falzar, coincé par la ceinture. Cette fois-ci, la gâchette a dû se prendre dans la boucle du ceinturon, le coup est parti, il s’explose la vessie et tout le tremblement et pisse le sang façon fontaine !
Avenue Daumesnil, ils ont pas fait d’histoire pour l’admission. Jo devait y connaître du monde. Pierre a été opéré tout de suite. Ils lui ont mis un drain, un vrai tuyau de gaz dans le boyau. Selon le toubib, il est censé s’en sortir…
– Qu’est-ce que tu lui veux au Pierrot ? Il est tranquille dans sa piaule à la clinique. Faut juste attendre qu’il se refasse.
Boucheseiche fronce le sourcil. Qu’est-ce qu’il va encore chercher, leur pote ?
– Avec Jo on passe le voir tous les jours. Tout baigne, y a pas à s’en faire ! Il va s’en remettre.
– Ben si, y a à s’en faire ! Parce qu’automatiquement, un jour, quelqu’un va le remettre ! Il a eu le portrait dans tous les journaux ! Alors, forcément, à un moment ou un autre, un toubib, une infirmière, un visiteur, un autre malade va le reconnaître ! Les poulets seront là dans la minute et notre pote passera du billard à la veuve !
Il vide son verre d’un coup et complète :
– Et puis nous aussi on y passera dans la foulée.
(…)

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