Place Colette, RHEIMS Nathalie

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  • Broché: 310 pages
  • Editeur : Editions Léo Scheer (19 août 2015)
  • Collection : EDITIONS LEO SCHEER
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2756109177

L’HISTOIRE

Après Laissez les cendres s’envoler, Nathalie Rheims explore une partie inédite de sa vie : son premier amour, à l’adolescence, et ses débuts de comédienne au théâtre.

À l’âge de 9 ans, la narratrice de Place Colette est victime d’une erreur de diagnostic qui la cloue sur un lit d’hôpital, le corps prisonnier d’une coquille de plâtre. Au terme de trois années de calvaire, un professeur finit par découvrir la véritable maladie ; il l’opère et la sauve.
La jeune fille a passé ce temps immobile à découvrir la littérature et les textes classiques. Elle voue une passion sans limite au théâtre. Revenue à la vie, elle tourne autour de la Comédie-Française et de la place Colette. Le jour de ses 13 ans, elle entre dans la loge d’un comédien dont elle est tombée amoureuse. Bien qu’il ait trente ans de plus qu’elle, elle lui propose de devenir son cadeau d’anniversaire.
Ce roman, qui aurait pu s’intituler Détournement de majeur, est l’histoire d’une double initiation, à l’amour charnel et à la passion du théâtre. Écrit à la première personne, il est pourtant aux antipodes de ce que l’on qualifie d’autofiction : le mensonge enveloppé dans une rhétorique de vérité. C’est un «roman-vrai», où l’auteur se cherche et finit par faire tomber le masque.

Nathalie Rheims est écrivain. Place Colette est son dix-septième livre.

MON RESSENTI

J’avais envie de le lire après tout l’engouement et le battage médiatique afin de me faire mon propre avis. J’ai été dérangée par le sujet , j’avoue avoir beaucoup de mal avec tout ce qui touche à l’enfance et l’adolescence bafouée par des adultes inconscients du mal qu’ils font.

Mais la curiosité et le fait que j’aime l’écriture de l’auteur m’ont amené à le lire, je ne le regrette pas le style est agréable et le livre se lit très facilement et très vite. Quant à l’histoire elle est très bien racontée et c’est bien normal puisqu’il s’agit d’une tranche de vie vécue par l’auteur.  C’est un roman initiatique à deux égards  : artistique de par sa découverte de l’art poésie et littérature  et sexuelle alors qu’elle n’a que 13 ans elle s’offre à un comédien de 30 ans son aîné. Elle l’aime et va l’attirer dans ses filets et lui ne va pas la repousser. C’est précisément là que le bas blesse comment cet homme ne l’a pas repoussée, pourquoi  ? L’auteur s’en est sortie indemne mais pour combien de jeunes filles ayant vécu la même chose et qui se retrouvent avec des séquelles irréversibles tant sur le plan physique que psychique.

J’ai un avis mitigé car je n’ai rien à redire sur l’écriture, le style de l’auteur mais je suis gênée par la désinvolture avec laquelle le sujet est traité, comme si il était normal qu’une gamine de treize ans qui s’entiche d’un homme plus âgé s’offre à lui et qu’il en profite. Il y a une espèce de banalisation gênante pour moi. Je sais qu’elle ne relate que des faits vécus mais est-ce que cela ne va pas décomplexer des pervers et des ados mal dans leurs peaux et les inciter à faire n’importe quoi ?

Heureusement que tout les ados délaissés par leurs parents ne finissent pas par commettre l’irréparable.

VERDICT

Une lecture en demi-teinte. Je ne le conseille pas aux ados et il n’est pas essentiel de l’avoir lu. Je l’aurai oublié bien vite

EXTRAITS

« Tous ces mois alitée m’avaient coupée du monde. Celui que j’avais retrouvé, que j’avais cru ne jamais revoir, me semblait si bavard et futile. J’y étais tellement étrangère. Ma phobie de l’école s’était imposée très tôt. Dès le cours préparatoire, rester assise, être obligée de jouer, dessiner, chanter en compagnie des autres m’angoissait.Je crois que , petite fille, je n’aimais pas cet état débile qu’on appelle l’enfance. »

**********

« Je savais, depuis longtemps, par où cela devait commencer, mais j’ignorais quand viendrait le moment d’écrire ce chapitre de ma vie. J’imaginais le jour où, malgré ma gêne, je n’aurais plus le choix; assignée à regarder en face le déroulement des événements, il me faudrait les raconter, les exposer au grand jour.
A force de se bousculer dans mon esprit, les fictions et les romans vrais, tout a fini par se ressembler. Plus j’avance dans ma vie et dans l’écriture, plus j’ai du mal à distinguer la réalité sous les décombres des simulacres de mon existence. C’est particulièrement évident dès qu’il s’agit de mon corps ou de mes désirs. Pourquoi sont-ils, l’un comme l’autre, aussi absents de ce que je suis capable d’exprimer ?
Je me suis habituée à vivre au milieu de cet état fuyant de ma mémoire, au point d’être parfois surprise de me découvrir, dissimulée derrière un personnage, croyant l’avoir inventé, persuadée qu’il était le fruit de mon imagination.
Je me sens prête, aujourd’hui, à décrire ce qui s’est passé, à rester le nez collé à la vitre le temps nécessaire, à observer ce qui était resté flou durant tant d’années. Je n’ai plus peur, ni de l’opinion des gens à mon sujet, ni, surtout, de ce que je pourrais découvrir, alors que c’était oublié.
Tant qu’il s’agit de souvenirs restés enfermés, que j’ai de la peine à reconnaître, ils ne sont jamais suffisamment précis pour refaire surface dans un livre. Sans le besoin ou l’alibi d’avoir à inscrire sur le papier ce qui a eu lieu, lorsque je tente de me remémorer des scènes, des sensations éprouvées, des choses vues ou qui me sont arrivées, rien ne vient. Sans la présence du stylo au bout de mes doigts, ne m’apparaît qu’un tourbillon indistinct dans lequel j’ai l’impression d’être engloutie.
J’ai cru qu’il s’agissait de honte ou de pudeur, peut-être même d’une tentative de censure. C’était certainement un peu de tout ça, mais j’ai fini par comprendre que c’était aussi une façon de préserver ce qui me semble le plus précieux.
Comment ne pas douter, lorsqu’on devient adulte, des émotions de l’enfant, de la jeune fille que l’on croyait être. Pour y parvenir, il faudrait pouvoir couper le lien, lui rendre sa liberté, l’abandonner à son innocence devenue inaccessible avec les années. Impossible.
Empruntant un autre chemin, je vais essayer de retrouver cette voix qui était la mienne avant qu’elle ne se transforme, cette parole dont j’ai l’impression fausse qu’elle n’a pas changé, qu’elle est toujours la même. Au moment où j’entendrai cette musique à travers les mots, je devinerai que je suis de retour, telle que j’étais. Une fois débarrassée de la gangue protectrice des souvenirs incertains, je saurai clairement comment tout a commencé. »

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