Tout ce qui est solide se dissout dans l’air, MCKEON Darragh

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L’HISTOIRE

Dans un minuscule appartement de Moscou, un petit prodige de neuf ans joue silencieusement du piano pour ne pas déranger les voisins. Dans une usine de banlieue, sa tante travaille à la chaîne sur des pièces de voiture et tente de faire oublier son passé de dissidente. Dans un hôpital non loin de là, un chirurgien s’étourdit dans le travail pour ne pas penser à son mariage brisé. Dans la campagne biélorusse, un jeune garçon observe les premières lueurs de l’aube, une aube rouge, belle, étrange, inquiétante. Nous sommes le 26 avril 1986. Dans la centrale de Tchernobyl, quelque chose vient de se passer. Le monde ne sera plus jamais le même.

MON RESSENTI

Quel beau roman ! je l’ai fermé à regrets. Tout me plaît même la couverture est jolie. Une fresque qui débute en URSS en plein Tchernobyl et se finit à Paris. On sent que l’auteur a beaucoup d’amour pour ses personnages et qu’il s’est beaucoup investit dans leur élaboration.  J’ai été bouleversée par l’histoire des quatre personnages et par la description de la catastrophe dont tout le monde se souvient. On y presque c’est terrifiant.

Une fresque historique et une histoire d’amour émouvante et prenante que j’ai eu bien du mal à quitter. L’auteur a mis 10 ans à mettre à bien son projet et j’ai été surprise de savoir qu’il n’a jamais mis les pieds en Russie tant tout est réaliste et poignant. Les personnages sont totalement résignés, ils subissent leurs sorts et luttent pour survivre , je me suis attachée à eux ils sont tellement courageux et nobles dans leur façon de relever la tête.

Mais n’allez pas croire que la lourdeur et la tristesse de la situation en font un roman morne et lourd , ça serait une erreur . En effet, il y a beaucoup de rythme . J’ai aimé la compassion et l’empathie qui se dégage du tout sans toutefois sombrer dans le larmoyant ce qui aurait tout gâché. Il y a également beaucoup de poésie et de beauté malgré la noirceur des événements et la tristesse de la vie des personnages.

Cela permet de découvrir et d’en apprendre plus sur un pan de l’histoire du monde et de la Russie en particulier.

Un premier roman extrêmement maîtrisé et réussi, c’est dingue d’avoir autant de talent et de maîtrise dès le premier roman. J’attends avec impatience le prochain que je ne manquerai pas de lire.

VERDICT

Coup de coeur pour cette fresque magnifique et poignante. Offrez-le, faites vous le offrir, prêtez-le  c’est une petite merveille

EXTRAITS

« Voilà les petites consolations que la mort procure . Son mari parvient toujours à tourner la clé pour ouvrir une chambre inconnue au fond de son coeur. »

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« Tout ce qui est solide, bien établi, se volatilise, tout ce qui était sacré se trouve profané, et à la fin les hommes sont forcés de considérer d’un oeil détrompé la place qu’ils tiennent dans la vie et leurs rapports mutuels. »

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« A son retour à Moscou, peu de temps après son mariage avec Grigori, elle a réussi à obtenir un poste de journaliste permanente dans une publication de renom… Elle y est restée plusieurs années, jusqu’à ce qu’émerge au grand jour un article clandestin qu’elle avait écrit.. Le début pour elle d’une période dangereuse. Elle a dû contenir tous les aspects de sa personnalité, museler sa nature réactive ; dorénavant, toutes les paroles qu’elle prononçait étaient examinées et interprétées. »
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« Artiom a treize ans ; il a enfin atteint l’âge où il peut se lever en même temps que son père, avoir un fusil et écouter les hommes discuter quand ils sont seuls. (…)
Cette heure du jour lui est nouvelle, cette heure d’avant l’aube, quand il n’y a rien à faire à part penser.(…)
… il se penche au-dessus du puits et se verse le reste (de l’eau au creux de ses mains) dans sa nuque, si bien que l’eau trace des ruisselets sur sa tête, qui se rejoignent et retournent à leurs origines en cascade sinueuse.
Il se relève, essuie l’eau de ses yeux, l’étale sur ses joues. La fraîcheur pénètre sa peau.
Il ouvre les paupières et le ciel emplit ses rétines, un ciel d’un rouge profond. On croirait que la croûte terrestre s’est retournée, que la lave incandescente est en suspens au-dessus de la terre. Le garçon scrute les profondeurs du ciel, il regarde plus loin que jamais auparavant et découvre les contours de l’univers.
(…) « Attends de voir le ciel, ce matin, dit Artiom à son père. C’est bizarre.
— C’est le même ciel que nous avons toujours connu. Il est seulement d’humeur »
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  • Broché: 425 pages
  • Editeur : Belfond (19 août 2015)
  • Collection : Littérature étrangère
  • Langue : Français
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