Les jeunes mortes, ALMADA Selva

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SORTIE LE 08 octobre 

 

 

L’HISTOIRE

Andrea Danne avait 19 ans quand elle a été assassinée chez elle à San José, dans la province de Entre Ríos. L’assassin est entré dans sa chambre une nuit d’orage et l’a poignardée, sa mère l’a découverte le matin suivant. L’assassin n’a jamais été trouvé. María Luisa Quevedo avait 15 ans quand elle a été tuée en 1983 dans la petite ville de Presidencia dans le Chaco. Elle a été violée et étranglée, son corps a été retrouvé dans un terrain vague quelques jours après. Le coupable n’a pas été identifié. Sarita Mundín a disparu le 12 mars 1988 et ses restes ont été découverts en décembre de la même année sur la rive du Tcalamochita près de Córdoba. On n’a pas retrouvé le coupable. Le dénominateur commun entre ces crimes est qu’ils ont eu lieu dans des petits villages de province, qu’ils n’ont jamais fait la une des journaux, qu’ils n’ont jamais été résolus et qu’ils posent la question de savoir ce qui se serait passé si on était intervenu à temps. Les années 80 ont vu la mort de centaines de très jeunes femmes. L’auteur ressuscite la mémoire de ces affaires oubliées qui ne sont qu’une partie des nombreuses histoires de femmes battues, violées, maltraitées, effrayées, menacées – comme elle l’a été elle-même -, confrontées à la violence, des femmes sans voix et des villages qui se taisent ou murmurent. A l’origine de cette situation, la société féodale et une éducation qui ne fait que reproduire ce patriarcat. Parfois il s’agit de choses bénignes, mais elles s’accumulent et reproduisent une structure misogyne. L’enquête nous raconte l’indifférence et l’inaction dues au fait que les victimes sont des femmes pauvres. Selva Almada met tout son immense talent littéraire au service de cette enquête, car, dit-elle : « J’ai quarante ans maintenant mais, à la différence de toutes ces femmes assassinées, je suis en vie. Et je pense que c’est que parce que j’ai eu de la chance. »

MON RESSENTI

L’auteur trente après les faits mène son enquête sur trois histoires , trois crimes commis sur des femmes, des faits divers comme il y en a tant chaque jour. Trois jeunes femmes ayant comme point commun la pauvreté et la jeunesse. Elle va voir les proches, la famille et se rendre sur les lieux des crimes.

J’ai été saisie par le style réaliste et la prose de l’auteur, certes il y a les trois histoires mais c’est aussi l’occasion de faire connaître la noirceur et le féminicide qu’il y a encore en Argentine de nos jours. Un policier coup de point et social qui est nécessaire. J’ai plusieurs fois frissonné et j’ai été très surprise par la puissance qu’il y a dans la façon de relater les faits.  Un livre court mais percutant,  je ne me doutais pas du tout de l’état de la condition féminine dans cette région du monde.

Elle met tout à plat les petits arrangements entre riches malfrats et policiers véreux qui en échangent de quelques billets ou quelques avantages ferment les yeux sur les crimes commis sur les femmes de conditions modestes. Une société patriarcale où les femmes se taisent et n’osent dénoncer laissant la place libre à tout les outrages.  Il est très perturbant et révoltant de constater que certains puissent donner libre champs à leur déviance et leur folie en toute impunité , parce que ce sont des hommes.

L’auteur dénonce aussi une société misogyne et corrompue. Une lecture dont je me souviendrais longtemps.

VERDICT

Un livre qu’il faut lire  car il met en lumière des faits méconnus avec un style agréable. Un très bon policier puissant.

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