Anagrammes à la folie, TESSON Sylvain / PERRY SALKOW Jacques

51XnHwWjKlL

 

 

 

 

 

 

L’HISTOIRE
Il arrive que deux folies se rencontrent pour le meilleur. L’écrivain Sylvain Tesson a ouvert grand ses horizons à Jacques Perry-Salkow,  » faiseur d’anagrammes  » comme il y a des  » faiseurs de pluie « . L’anagramme consiste à mélanger les lettres d’un mot pour en former un autre. Elle opère une lecture secrète, fait surgir un sens tapi dans le repli des mots et des noms. C’est ainsi qu’un canoëpeut contenir tout l’ océan et que mille rêvesrecèlent autant de merveilles…  » Ce livre est un petit bijou. Tout y est magistralement orchestré.  » Dominique Guiou – Le Figaro Littéraire  » Fabuleux.  » Jean-Christophe Buisson – Le Figaro Madame Peintures originales de Michel Pinosa

MON RESSENTI

J’avais adoré anagrammes renversantes et là, la magie a de nouveau opérée , quel bonheur de lire de la belle langue française, de lire de bons mots et apprendre ! Tout est beau dans ce livre que ce soit le choix des anagrammes, les textes qui vont avec, les illustrations . Quel talent pour trouver tout ceci ! C’est très ludique, divertissant.

Certaines sont très bien trouvées comme : Le pesticide Round Up : Le pire coup du destin.

Cela m’a donné envie de me prêter à l’exercice et m’a donné le sourire le temps d’un voyage en transport en commun.

VERDICT

Devrait ravir les aficionados des jeux de lettres, de bons mots et d’anagrammes qui ne pourront qu’apprécier ce livre superbement illustré.

Extrait

Une fiole de folie

L’anagramme est une dame. Dites une anagramme ! Son nom vient du grec anagramma, «renversement de lettres». Le jeu consiste à mélanger les lettres d’un énoncé (mot, nom, expression, phrase…) en vue d’en former un nouveau, sans tenir compte des accents ni de la ponctuation. Et l’on découvre que mille rêves recèlent tant de merveilles…
En 2011, les Anagrammes renversantes nous ont menés d’un infini à l’autre en un Klein d’oeil. Nous avons vu le superbe spectacle de l’amour de la courbure de l’espace-temps, entendu la vérité toute relative.
D’autres destinations nous attendent. Paris nous tend ses girouettes et ses gouttières, Notre-Dame son coeur indolore et endolori. Au fil des pages, nous marcherons au hasard des mirages, sur la terre chaude du Sahara, nous planerons au-dessus des cirques et des criques de l’Islande, avant d’être parachutés dans l’île. Nous survolerons le pôle Nord et des bancs de pollen doré dans l’aube russe. Nous connaîtrons des ébriétés froides dans les forêts de Sibérie. Puis, assis dans le Transsibérien, rêvant encore aux nuits de Tunis, nous boirons de la vodka… bonsoir !

Perry-Salkow
Walker or spy ?

L’anagramme ou la hiérophanie

Longtemps je tins l’anagramme pour une lubie gâteuse, l’un de ces exercices qui, avec les palindromes et les écolières, distraient les vieux messieurs après les mots croisés. Puis, un jour, je découvris les anagrammes de Jacques Perry-Salkow et compris que jouer avec les lettres, les mélanger, les réordonnancer pour forger un autre mot procédait de la révélation, de la hiérophanie.
Michel-Ange prétendait que la Pietà existait avant sa création, en attente de devenir, contenue dans le bloc de marbre. L’artiste se contentait doter la matière superflue, d’éplucher le roc autour de l’oeuvre pour lui donner naissance. Le sculpteur n’était que l’inventeur d’une forme précédant son travail.
À lire les trouvailles de Perry-Salkow, il semble que les mots, comme les blocs de pierre de Carrare et de Colonnato, chers à Michel-Ange, recèlent un message insoupçonné, enfoui dans leur matrice orthographique. Chaque mot porterait en lui un secret, un surcroît de sens, quelque chose de plus grand que sa définition. De même un homme vaut-il davantage que l’ensemble des signaux transmis par son apparence. L’anagramme, agissant sur le mot comme la gouge du sculpteur sur le marbre ou le bain chimique du photographe sur le cliché, ferait surgir ce message.
Les anagrammes de Perry-Salkow n’ont rien de l’exercice absurde. Elles ne se contentent pas de substituer un mot à un autre sans lien entre les deux. Au contraire, elles prolongent le mot sur lequel elles se forgent, le bénissent, le célèbrent, l’adoubent, en déploient la portée. Ainsi Paul Marie Verlaine donne aviné par la lumière. La source est éclairée par la trouvaille. L’anagramme possède une nature mantique.
Perry-Salkow convoque l’écho fossile empiégé dans le coffre du mot. Mieux, à chaque anagramme, il fait un casse. Les mots ne peuvent plus dormir tranquilles avec la certitude qu’ils sont propriétaires de leur définition. Bientôt, un sens mystérieux chatoie à la surface du papier. L’anagramme est un frémissement ; elle vient briser le conformisme des mots imprimés sur le plan euclidien d’une page, à la manière de ces bulles de gaz qui remontent des tourbières, chargées de vapeurs immémoriales, pour crever le miroir de l’eau et adresser au ciel un baiser interdit.

  • Poche: 144 pages
  • Editeur : Pocket (4 novembre 2015)
  • Collection : Pocket
Publicités

Je laisse un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s