Ma mère du nord, FOURNIER Jean-Louis

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L’HISTOIRE

« Petit, chaque fois que j’écrivais quelque chose ou faisais un dessin, j’avais besoin de le montrer à ma mère pour savoir si c’était bien.
Qu’est-ce qu’elle penserait aujourd’hui de ce que je suis en train d’écrire sur elle ?
Je suis inquiet. Elle doit en avoir assez qu’on parle de son mari alcoolique. Ne pas avoir envie qu’on parle d’elle, la discrète, la réservée, de ses maladies imaginaires, de sa tristesse.
Va-t-elle savoir lire entre les lignes, comprendre que ce livre est une déclaration d’amour ? Que j’essaie de me rattraper, moi qui ne lui ai jamais dit que je l’aimais, sauf dans les compliments de la fête des Mères dictés par la maîtresse.
Ce livre, je l’ai écrit pour la faire revivre.
Parce qu’elle me manque. »

MON RESSENTI

Jean-Louis Fournier c’est une valeur sûre pour moi, je n’ai pas souvenir d’avoir lu un livre de lui et de ne pas l’avoir aimé. Il a cette sensibilité et cette impertinence qui me touchent beaucoup. Il écrit avec des mots simples mais qui vont droit au coeur , c’est donc avec un grand plaisir que je me suis plongée dans cette nouvelle lecture (merci à ma soeurette d’amour) . Je l’ai lu en un peu plus d’une heure et j’étais triste de l’avoir fini si vite.

L’auteur rend ici hommage à sa mère, femme courageuse et digne qui s’est battue pour élever ses enfants. Il lui écrit un livre d’amour, lui dit combien il l’aime et elle lui manque. Mais attention, toujours à avec son style , ici point de pathos, ni de larmoiement ce n’est pas le genre. J’aime la tendresse derrière la pudeur.   Comme à son habitude, l’auteur utilise des phrases courtes, des chapitres courts qui facilitent la lecture et installent une proximité avec le lecteur, on a l’impression qu’il nous parle  en tête à tête.

Dans ce livre il n’y a pas l’humour noir que l’on trouve habituellement  mais ce n’est pas gênant. Au fil des pages, je me suis dis que j’aimerai que l’on m’écrive ce genre de choses, j’ai ressenti la même émotion qu’à la lecture de veuf qui était un hommage à sa femme.  On se rend compte qu’il regrette de n’avoir pas dit quand il en avait la possibilité combien il aimait sa mère et était conscient  de ce qu’elle a sacrifié et de sa bravoure. Il est important de dire à nos proches combien on les aime et je ne m’en prive pas ( je leur dit peut être un peu trop).

Une mère exceptionnelle qui a su leur donner le goût de l’art, qui fait tout pour pallier aux défaillances de ce mari absent, alcoolique. Beaucoup de pudeur dans cet hommage doux et bouleversant , tout en retenue. Un beau portrait de femme courageuse et aimante.

J’aimerai beaucoup rencontrer cet auteur que j’ai raté à plusieurs reprises, il y a quelques choses de touchant et attachant chez l’auteur.

VERDICT

Coup de coeur pour cet hommage vibrant et touchant de l’auteur à sa mère. A lire absolument

  • Broché: 198 pages
  • Editeur : Stock (30 septembre 2015)
  • Collection : La Bleue

EXTRAITS

 » Elle va trouver que j’exagère. Et se dire que, finalement, pour une mère, ce n’est pas un cadeau d’avoir un fils écrivain.
Ne va t-elle pas me reprocher de l’avoir canonisée ? Va-t-elle savoir lire entre les lignes, comprendre que ce livre est une déclaration d’amour, que j’essaie de me rattraper, moi qui ne lui ai jamais dit que je l’aimais, sauf dans les compliments de la fête des Mères dictés par la maîtresse ?
Comprendre que je l’ai écrit pour la faire revivre.
Parce qu’elle me manque. « 

**********

 » En nous emmenant très jeunes au concert, au cinéma, au théâtre, notre mère voulait nous faire partager les grandes joies que procuraient les arts. Elle nous a donné très tôt, l’admiration pour les artistes; pour elle, ils étaient des bienfaiteurs de l’humanité, ils lui rendaient la vie supportable.
j’ai partagé cette admiration au-delà de ses espérances. Sans doute pour me faire admirer d’elle, j’ai voulu faire l’artiste. »

**********

« D’habitude, ce sont les enfants qui pleurent, pas les grandes personnes. Surtout pas les mères, elles sont sur terre pour consoler les enfants qui pleurent.
Là, les rôles étaient inversés. C’était le monde à l’envers.
J’ai pensé un moment à me lever pour aller la consoler.
Je n’ai pas osé. Si elle pleurait tout doucement, sous ses couvertures qu’elles avait relevées, c’était pour se cacher. Elle ne voulait pas qu’on l’entende.
Ce n’était pas un cauchemar, ce n’était pas un mauvais rêves qui allait s’arrêter.
Elle pleurait parce que sa vie était un mauvais rêve. Je ne pouvais rien y faire. »

**********

« Dans cette maison, elle a dû entendre l’écho des sanglots longs des violons de l’automne, et elle a attrapé la mélancolie. »

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