Comment l’esprit vient aux objets, Serge Tisseron

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L’HISTOIRE

Du « doudou » aux portables, en passant par nos bibelots, nos vêtements et les images de nos écrans, quelle relation entretenons-nous avec les objets de notre environnement ? Pour Serge Tisseron, l’objet ne prolonge pas seulement certaines de nos fonctions, il transforme la perception que nous avons de nous- mêmes, nos façons de tromper l’angoisse, nos manières de nous socialiser ou, au contraire, de nous isoler. C’est dire aussi que les objets qui nous entourent, tout autant que nos semblables, sont le support d’attentes, d’attachements, d’émotions, qui en font des médiateurs psychiques essentiels à la construction de notre existence sociale et de notre personnalité.

MON RESSENTI

Un essai très intéressant sur la place des objets dans notre vie privée, sociale, professionnelle. Les attentes que nous en avons, les peurs, les espoirs et les émotions qu’ils procurent. Quel rôle jouent-ils vraiment dans nos vies ? Quelle est la part de conscient et d’inconscient dans notre relation à eux ? Certains objets sont liés à des souvenirs bons ou mauvais, d’autres un transfert, certains sont utiles d’autres pas, d’autres encore des faire valoir, des affirmations identitaires.  Les objets nous entourent constamment que ce soit chez nous, dehors, les publicités, ils font parties de notre vie quotidienne et ont de plus en plus d’importance.

Les publicitaires nous propose sans cesse de nouveaux objets qui nous rendront plus heureux, plus dans le coup  d’après eux. Mais est-ce vraiment le cas ? La plupart de ces objets n’existaient même pas quelques années ou même quelques mois auparavant sans que nous en éprouvions de la peine, ou un sentiment de manque. On s’habitue vite à nos objets et ce n’est que lorsqu’ils se cassent ou ne fonctionnent plus que l’on mesure à quel point ils étaient utiles. A certains  on attribue des pouvoirs quasi-surnaturels : grigri, doudou, bagues, tableaux qui seront soit des bénédictions soit, au contraire, des malédictions. Nos objets quotidiens sont dépositaires d’attentes, d’attachements et de déceptions comme pour les êtres humains. Quoiqu’il en soit nous avons tous notre propre rapport aux objets et en disent long sur nous et nos éventuelles névroses , il y en a qui ont des rapports obsessionnels avec les objets, d’autres du dégoût, d’autres sont fétichistes. Tout dépends de notre histoire personnelle .

C’est un essai très intéressant, clair, précis et bien écrit, qui fait la part belle au coté psychanalyse du rapport à l’objet et qui nous en apprends beaucoup sur nous-mêmes et sur notre entourage. Est-ce que nous n’avons pas laissé trop de place à l’objet au détriment des humains ?  Il n y a qu’à voir la place des téléphones portables et des ordinateurs qui isolent et empêchent les rencontres dans la vraie vie. J’ai vraiment trouvé très intéressant le fait de classifier les objets, les comportements face à eux , cela permet de mieux faire les liens et de bien comprendre le rapport entre objet et psychisme.   Il y a, par ailleurs, de nombreux exemples de notre quotidien, des analyses accessibles notamment sur la publicité.  Je ne peux que conseiller de le lire car on apprends et découvre sans s’ennuyer et que c’est un sujet qui est très peu traité jusqu’ici.

VERDICT

Un essai construit, accessible, argumenté qui traite d’un sujet qui nous concerne tous et qui n’a pas été souvent traité. A lire au plus vite

  • Broché: 231 pages
  • Editeur : Presses Universitaires de France – PUF (17 février 2016)
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