Qui ne dit mot consent, Alma Brami

 

 

 

RENTREE LITTERAIRE 2017

 

RESUME

Emilie a suivi son mari à la campagne quand les enfants étaient encore petits, depuis ils ont grandi et quitté la maison. Dehors, il y a une vigne qui donne des raisins, il y a aussi une table en bois, des chaises, un banc, pour les petits déjeuners copieux, il y a des tommettes rouges dans le salon, un grand escalier qui mène à l’étage, et à l’étage, une chambre d’amis. Chaque famille a ses secrets. Que se passe-t-il dans cette maison au bout de la route du grand chêne ? Dans ce terrible huis clos, Alma Brami dresse brillamment le portrait d’une femme meurtrie pour qui le couple est devenu un piège.

RESSENTI

J’aime beaucoup l’écriture d’Alma Brami et elle arrive toujours à m’émouvoir, son écriture est délicate, mais les sujets abordés sont forts et dérangeants. Dans ce huis clos, on suit la lente déchéance, descente aux enfers d’Emilie, qui est sou la coupe d’un mari  pervers narcissique qui va la détruire sans qu’elle ne puisse s’échapper, jusqu’à ce que ses enfants la sauve et lui fasse ouvrir les yeux alors qu’elle a failli y perdre la vie. J’ai été saisie, bousculée, émue par cette histoire, ce personnage que j’avais envie de sauver, de secouer pour qu’elle parte, qu’elle n’accepte plus l’inacceptable.

Alors qu’elle se plaisait bien en ville son mari décide que la campagne c’est mieux et lui fait du chantage affectif pour s’y installer. Il lui fait miroiter une vie de rêve. Seulement ce sale type est un pervers narcissique, il l’éloigne de tous et de tout pour mieux l’avoir à sa merci, la façonner à son goût, en faire sa marionnette. En plus, d’être un salaud c’est aussi un séducteur qui pour se rassurer saute sur tout ce qui bouge, mais non  content de tromper sa femme, il lui impose la présence de ses « amies » sous son toit et devant ses enfants. Un personnage odieux, que j’avais envie de punir, de faire souffrir pendant tout le roman.

Au fil des pages, la tension monte, on voit se dessiner un véritable enfer qui tranche avec le lieu où tout se passe. Il y a une telle violence dans la façon dont Emilie est traiter par son bourreau de mari, on en a le vertige. Je me suis prise à me demander ce que j’aurai fait si j’avais été à sa place. La violence conjugale n’est pas toujours physique, elle peut être psychique, quelles sont les limites de l’acceptable, jusqu’où est-on prêt à aller pour le bonheur de l’autre ? L’auteur ne sombre jamais dans le pathos, tout est maîtrisé, abyssale, il est impossible d’en ressortir comme on y est entré. Ce que j’ai aimé c’est que tout est plausible, on y croit à fond et il y a tant de couple où l’un souffre en silence pour que l’autre existe pleinement. Le déni dont fait preuve Emilie me fait penser à ces femmes qui sont violentées et frappées et ne partent trouvant même des excuses à leurs maris et se rendant responsables de cette situation.

Les phrases sont percutantes, les tournures de phrases somptueuses, l’ambiance anxiogène. Vertigineux, tout est bien calibré, le lecteur est littéralement en apnée, attendant ce qui va advenir de cette pauvre Emilie.

VERDICT

Coup de coeur. C’est juste incroyable de beauté et terrifiant en même temps. Livre choc qui me poursuit encore et encore. Alma Brami m’avait déjà subjuguée avec son précédent roman et la elle réitère. J’adore.

  • Broché: 176 pages
  • Editeur : Mercure de France (24 août 2017)
Publicités

Je laisse un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s