L’ancien régime, (La première femme à l’Académie française), François Bégaudeau

 

 

 

 

L’HISTOIRE
Le 6 mars 1980, l’Académie française accueillit en son sein Marguerite Yourcenar. Ce fut un événement, comme l’atteste la présence de l’épouse de Valery Giscard d’Estaing dont même le fils aurait pu venir s’il n avait eu un tournoi de polo. On se précipita. On se bouscula au premier rang. Certains se provoquèrent en duel. D’autres apportèrent des macarons.
C’est que, pendant plus de trois siècles, l’Institut créé par Richelieu n’avait admis aucune femme. Ce n’était pas mauvaise volonté ou bas conservatisme de la part des immortels. C’est juste qu’ils n’y avaient jamais songé. Comment donc aurait-on pu vouloir changer la donne, alors qu’elle n’avait changé ? On avait eu la magnanimité d’intégrer des noms féminins dans le dictionnaire, c’était déjà bien assez.
Et puis les académiciens avaient mieux à faire. Ils avaient à inventer le français et, du même coup, la France.

MON RESSENTI
Une nouvelle collection qui promet bien des plaisirs de lecture, il est proposé aux lecteurs de découvrir par la fiction des grandes premières dans divers domaines. Ici c’est l’entrée de Marguerite Yourcenar à l’Académie Française qui est racontée par François Bégaudeau.  On en apprends un peu plus sur les coulisses de l’attribution des fauteuils et l’ambiance au sein  de cette grande institution.  Il est hallucinant de voir que même la femme élue pour occuper le fauteuil numéro 3 l’était parce qu’homosexuelle (donc plus proche de la masculinité dans leurs esprits) et avec une écriture masculine selon leurs critères.  La féministe qui est en moi fulmine de cet affront mais passons et parlons du livre.

J’ai tout aimé, le format une centaine de pages c’est donc ni trop long ni trop court, la fiction où se méle anachronismes et rappels historiques, l’écriture est superbe comme d’habitude avec l’auteur, chaque mot est à sa place, chaque phrase est travaillée  et tout cela confère à l’ensemble une lecture plaisante et vraiment enrichissante.  J’ai aimé aussi la part d’ironie et de dénonciation sans en avoir l’air de cette institution dépassée dans son fonctionnement et qui ronronne dans ce qui appartient à un autre temps, pétrie dans le conservatisme.

Ce qui est intéressant c’est aussi que cela peut être lu par des collègiens et lycéens car c’est très moderne et aéré. Et en plus, ce qui ne gache rien c’est écrit en bon français ce qui devient très rare de nos jours.  Une collection que je vais suivre de près et que je vais tenter de faire lire à mes ados. D’ailleurs, un deuxième est déjà paru sur les coulisses du Festival de Cannes.

VERDICT

Une collection fort sympathique qui permet d’en connaître un peu plus sur les premières célèbres. Très bonne qualité littéraire, un régal à lire.

  • Broché: 112 pages
  • Editeur : STEINKIS (23 mars 2016)
  • Collection : Incipit
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