N’ba, Aya Cissoko

81jPI3gxWLL

 

 

 

 

 

 

L’HISTOIRE
« Ba » veut dire mère en bambara. « N’Ba » signifie « ma mère ». N’Ba est l’hommage d’une fille, Aya Cissoko, à sa mère, née dans un petit village malien et qui débarque en France au milieu des années 70, habillée d’un simple boubou en wax, et chaussée de tongs en plastique.

Le livre s’ouvre sur la mort de cette mère, que l’auteur fait revivre en fouillant dans ses propres souvenirs. C’est l’occasion pour le lecteur de plonger dans la culture de l’Afrique de l’Ouest où les femmes sont les piliers de la famille, en charge de l’éducation des enfants, gardienne des traditions et de leurs transmissions, gardiennes de la langue aussi, qui rythme ce texte.

N’Ba est ainsi le regard croisé de deux femmes : la mère, qui se bat pour la préservation de son identité malgré une vie qui n’est qu’une succession d’épreuves ; sa fille, qui tente de se construire en rupture avec ce qui a fait sa mère. Deux femmes que leur destin rapproche et sépare à la fois.

MON RESSENTI
J’avais lu et apprécié le premier livre de l’auteur, c’est donc confiante que j’ai commencé celui-là. Ici il s’agit d’un hommage à la mère courage de l’auteur, à travers le parcours d’une mère et sa fille on  va découvrir ce qu’est la place des femmes en Afrique, les coutumes, la place qu’elles ont dans l’éducation des enfants, la préservation des traditions.  Pas toujours facile pour une mère de voir sa fille s’affranchir des traditions ancestrales et prendre sa vie en main sans être obligée d’épouser quelqu’un choisi d’office, faire ses propres choix.

Ce qui peut dérouter quelques peu au début c’est qu’Aya n’a pas cherché à raconter l’histoire de sa mère de façon chronologique mais plutôt par thèmes, passé la surprise cela n’est pas gênant. Une relation mère-fille qui n’est pas de tout repos, entre affrontements, admiration, amour et répulsion, une relation qui parlera à toutes, rares sont les relations mères filles qui se déroulent sans quelques anicroches , quelques incompréhensions. Toutefois, la mère d’Aya a réussi à lui inculqué des valeurs très importantes qui resteront des repères dans sa vie.

J’ai aimé découvrir le Mali, et le fonctionnement de la communauté en France , si loin du pays, les difficultés rencontrées : choc des cultures oblige. L’auteur fait comprendre qu’il ne faut pas oublier ses racines, d’où on vient car ça nous forge, nous rends plus forts. On peut tout à fait adapter son comportement à son environnement sans pour autant renoncer à son identité.  Bien que la mère et la fille soient souvent en désaccord on ressent l’amour et le respect entre les deux.

Un livre qui tombe à pic à l’heure où l’on parle du vivre ensemble, il y a quelques éléments qui pourraient servir de pistes pour que cela soit possible. Un hommage touchant et vibrant à un personnage à la personnalité forte, une sacrée bonne femme . Superbe lecture.

VERDICT

Un très bel hommage aux mères à travers celle de l’auteur, un livre qui parlera forcément à tous et qui est sympa à lire.

  • Broché: 272 pages
  • Editeur : Calmann-Lévy (2 mars 2016)
Publicités

Je laisse un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s